Vaccination contre l'hépatite B entre exigence réglementaire et réalité du terrain : études sur 50 dossiers médicaux d'agents d'entretien en secteur hospitalier et pratiques théoriques des médecins du travail via l'analyse de 38 questionnaires
Files
ocr-1844354.pdf
UCLouvain restricted access - Adobe PDF
- 8.83 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- La réglementation précise les salariés qui doivent obligatoirement être immunisés contre l'hépatite B. Elle fixe aussi les vaccinations et les résultats des sérologies obligatoires pour confirmer cette immunisation.L'hépatite B est un risque qui peut être rencontré par les agents d'entretien travaillant en milieu hospitalier. Nous avons évalué, à l'aide d'un questionnaire envoyé à 90 médecins du travail, leurs habitudes concernant cette problématique ainsi que les vaccinations et les résultats de sérologies qu'ils exigent pour qu'un salarié soit, selon eux, immunisé .Nous avons ensuite étudié 50 dossiers médicaux de ces salariés. Cette étude nous a permis de vérifier si, en pratique, les informations concernant leur protection contre l'hépatite B étaient bien consignées et répondaient bien aux obligations réglementaires. Il apparaît, grâce à l'étude du questionnaire, qu'en théorie les médecins du travail connaissent et souhaitent appliquer la réglementation fixant les conditions d'immunisation contre l'hépatite B. Mais l'étude montre que, sur les 50 dossiers médicaux, seuls trois d'entre eux répondent effectivement à cette réglementation. En effet, ils contiennent bien une preuve que le salarié a reçu trois injections du vaccin associées à des sérologies dont les résultats sont compatibles avec les obligations légales.On note une différence entre la majorité de médecins, qui connaissent et souhaitent appliquer la réglementation, et la réalité du terrain. Les dossiers étudiés font apparaître que seuls 6% respectent cette réglementation.Ce constat peut avoir plusieurs explications. La complexité de la loi peut, en partie, expliquer le faible taux de dossiers conformes. La principale difficulté est d'associer de manière obligatoire trois injections du vaccin contre l'hépatite B et des sérologies dont les résultats sont précisément définis par la réglementation. Une bonne participation du salarié est donc indispensable puisqu'il doit impérativement apporter ses certificats de vaccinations puis réaliser et renvoyer les sérologies obligatoires. Un défaut d'implication du salarié peut être la conséquence d'un déficit d'informations venant de son employeur mais aussi venant du médecin du travail. De ce fait, il convient de bien rappeler au salarié les risques inhérents à son poste de travail et donc l'intérêt d'être immunisé. On peut aussi lui rappeler les conséquences qu'entraînerait une absence d'immunisation à savoir une inaptitude au poste. Ainsi, une aptitude délivrée par le médecin et qui serait limitée dans le temps, dans l'attente du retour des examens complémenta ires, motiverait les salariés pour réaliser et renvoyer les examens demandés. Etant données les difficultés à appliquer la réglementation fixant les conditions d'immunisation contre l'hépatite B, l'instauration d'une fiche de suivi permettrait aux médecins de connaître l'état vaccinal de chaque salar ié en ce qui concerne leur immunisation (certificats de vaccination présents, résultats des sérologies compatibles avec la réglementation et finalement, salarié immunisé ou non). L'employeur doit évidemment être impliqué dans ces démarches et être informé lorsque les salariés ne sont pas à jour, et donc mal protégés. Cette implication est primordiale puisque sa responsabilité est engagée dans le cadre de la prévention des risques professionnels.