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Liens entre le foie et le muscle squelettique dans la maladie hépatique stéatosique

(2022)

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La maladie stéatosique du foie associée à une dysfonction métabolique (MAFLD) concerne 25% de la population mondiale, dont 10-30% évolueront vers la stéatohépatite non-alcoolique (NASH). Actuellement, aucun traitement pharmacologique n’est efficace contre la NASH. La méthode de référence d’évaluation de la NASH est la biopsie hépatique, un examen imparfait et inenvisageable pour le dépistage à large échelle. Des outils diagnostiques supplémentaires, idéalement non- invasifs, sont nécessaires. La physiopathologie demeure également partiellement élucidée. Dans ce contexte, l’axe muscle-foie suscite un intérêt particulier puisque des études récentes suggèrent, chez l’animal et chez l’humain, que la NASH est associée à une infiltration lipidique dans le muscle squelettique (myostéatose). Ce travail, divisé en deux parties, vise à améliorer la compréhension des liens entre un foie stéatosique et le muscle squelettique tant dans un modèle animal que chez l’être humain. La première partie est une étude interventionnelle sur un modèle murin de NASH (souris foz/foz, de souche NOD.B10 soumises à un régime riche en graisse, HFD). L’objectif est d’évaluer l’impact d’un agoniste des récepteurs thyroïdiens b hépatiques (MGL) sur le foie et sur les muscles de ces souris. Le traitement MGL est débuté à 12 semaines de HFD chez les souris foz/foz (induction de la NASH). Toujours soumises à un HFD, elles sont traitées pendant 4 ou 8 semaines avec le véhicule (placebo) ou le traitement MGL. Dès 4 semaines de traitement, le phénotype hépatique est significativement amélioré avec une réduction de la stéatose et de la ballonisation (2 critères histologiques sur 3 de la NASH). D’un point de vue musculaire, la myostéatose évaluée par μCT-scan est réduite, sans changement associé de la force et de la masse musculaire. Ces effets favorables sont conservés après 8 semaines de traitement. Par ailleurs, le traitement n’a pas eu d’impact sur le poids corporel, l’insulinorésistance et la fibrose hépatique. D’un point de vue mécanistique, le traitement est associé à une modulation de plusieurs voies métaboliques dans le foie et le muscle qui sont discutées dans ce travail. La deuxième partie est une étude prospective observationnelle dont le but est de caractériser les paramètres musculaires associés aux divers stades de la maladie hépatique stéatosique chez l’humain. Les compartiments musculaire et hépatique sont analysés par des séquences spécifiques d’imagerie par résonance magnétique mises en place pour cette étude. Ces données sont ensuite confrontées à l’histologie hépatique, aux paramètres nutritionnels, d’activité et de fonction musculaire ainsi qu'à des dosages métaboliques. Dans ce travail, les techniques mises en place et une analyse descriptive des 20 premiers patients inclus sont développés.