Prévalence, caractéristiques et pronostic du carcinome hépatocellulaire diagnostiqué sur la pièce d’hépatectomie après transplantation hépatique : comparaison avec des patients greffés hépatiques pour un carcinome hépatocellulaire
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- La transplantation hépatique, initialement dédiée au traitement de la cirrhose décompensée, représente actuellement le traitement de choix du carcinome hépatocellulaire développé dans un foie cirrhotique. La disponibilité des greffons étant limitée, le délai d'attente est souvent long et les patients cirrhotiques courent un risque de développer un carcinome hépatocellulaire en attendant la greffe. Celui-ci est parfois découvert fortuitement après analyse de la pièce d’hépatectomie des patients greffés pour des raisons non-oncologiques. Dans la littérature anglophone, le terme dédié est « incidental hepatocellular carcinoma ». Ce phénomène mérite une attention particulière puisqu’il pourrait influencer le pronostic des patients après la transplantation hépatique. Le but de cette étude est d'évaluer la prévalence du carcinome hépatocellulaire « incidental » parmi les patients greffés hépatiques des Cliniques Universitaires Saint-Luc et de comparer la mortalité, le risque de récidive et les caractéristiques cliniques, biologiques et histopathologiques de ces patients avec des patients greffés pour un carcinome hépatocellulaire. Nous avons réalisé une étude rétrospective comprenant 268 patients adultes greffés hépatiques aux Cliniques Universitaires Saint-Luc entre janvier 2010 et janvier 2020. Les résultats ont été comparés à l'aide du test exact de Fisher ou du test U de Mann-Whitney selon le cas. La méthode de Kaplan-Meier a été utilisée pour analyser le taux de mortalité et de perte du greffon. Les tests de Log-rank ont été effectués pour comparer les courbes de survie. Toute valeur p < 0.05 a été considérée comme statistiquement significative. Les analyses statistiques ont été effectuées avec le programme Statistical Package for the Social Sciences Statistics. La prévalence du carcinome hépatocellulaire « incidental » était de 12 % dans notre cohorte. Une origine éthylique à la cirrhose était plus fréquemment retrouvée chez les patients avec un carcinome hépatocellulaire « incidental » (88.9 % versus 48 % ; p = 0.032) et le taux de des-gamma-carboxy-prothrombine était nettement plus élevé au moment de la transplantation hépatique chez ces patients comparativement aux patients greffés pour un carcinome hépatocellulaire (273.8 versus 42.0 mUA/ml ; p = 0.022). Bien que nous n’ayons trouvé aucune différence entre les groupes concernant les facteurs de risque histopathologiques de récidive, aucun patient du groupe carcinome hépatocellulaire « incidental » n’a présenté de récidive oncologique contrairement à 9 % des patients greffés pour un carcinome hépatocellulaire. Malgré cela, la survie globale à trois ans était similaire entre les groupes (75 % versus 81 % ; p = 0.476). Alors que la prévalence du carcinome hépatocellulaire « incidental » n’est pas négligeable (12 % dans notre cohorte), sa découverte semble ne pas influencer ni le taux de récidive oncologique ni le taux de survie globale par rapport aux patients greffés pour un carcinome hépatocellulaire.