Discours décolonial, inclusion des Autochtones dans la société bolivienne, le politique s'en saisit-il?
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- En Bolivie, a lieu la réouverture d’un ministère a charge de la décolonisation et de la dépatriarcalisation par le gouvernement fraîchement élu en novembre 2020, après un an de crise sociale et politique où la polarisation entre non-autochtones et Autochtones et la hausse des discriminations envers ces derniers étaient au rendez-vous. Ces faits nous amènent à nous interroger sur la réaction du politique et la place qu’il souhaite accorder dorénavant aux Autochtones et à s'intéresser aux discours qui sous-tendent cette approche politique. Cela laisse présager que le politique cherche à aborder l’inclusion des Autochtones en proposant un projet décolonial et dépatriarcal. C’est dans cette optique que ce mémoire tente de répondre à la question suivante : pourquoi, comment et dans quels termes le politique s’approprie-t-il aujourd’hui d’un discours décolonial pour traiter l’inclusion des Autochtones dans la société bolivienne ? Dans un premier temps, est mise en évidence l’émergence identitaire des Autochtones, mais aussi leur exclusion systématique et leur non-reconnaissance culturelle et identitaire de la part de l’Etat, à travers un parcours historique socio-politique depuis 1952. En deuxième lieu, une étude approfondie d’une partie des œuvres de Zavaleta Mercado et Rivera Cusicanqui - deux auteurs boliviens phares de l’analyse et de la critique du nationalisme coloniale - a été réalisée, pour dégager un cadre théorique à partir des concepts-clés comme État-nation, État apparent, national populaire, société bigarrée, mémoire collective, colonialisme interne, métissage. Enfin ce travail se termine par la vérification du potentiel analytique de la matrice conceptuelle pour comprendre la manière dont ces acteurs sociaux posent un diagnostic ou pas sur les effets du colonialisme et dans quelle mesure les analyses et revendications sont nourris par ces concepts-clés pour penser la colonisation et/ou la décolonisation. A partir une grille d’analyse semi-inductive par catégories l'analyse de contenu est réalisée du Manifeste de Tiwanaku, premier document critique et analytique publié par des intellectuels aymaras en 1973, et de trois discours politiques présidentiels à l’occasion de la fête nationale de 2019, 2020 et 2021. Les conclusions obtenues sont les suivantes : les Autochtones exposent un diagnostic descriptif de la situation de domination et de discrimination qu’ils vivent depuis la colonisation et il est constaté que déjà en 1973, ils exprimaient un discours décolonial à travers leur proposition de projet d’Etat. Concernant les discours présidentiels, il est observé qu’uniquement les politiques progressistes font usage de certains de ces concepts-clés, comme indicateur de l’appropriation d’un discours décolonial. Añez de tendance conservatrice expose un discours colonial et patriarcal. Tout porte à croire qu’il y a une corrélation entre discours décolonial et tendance idéologique progressiste. Nous encourageons les politiques à expliciter l’initiative de créer ce ministère, ainsi que les motivations et les résultats escomptés afin de les concrétiser par des politiques publiques qui facilitent le processus de décolonisation.