Dans quelle mesure être d’économie sociale et solidaire amène une organisation à favoriser la justice sociale en son sein dans une société démocratique ? Exploration des principes de gouvernance démocratique, de la structure hiérarchique et des conditions de travail au sein des coopératives à finalité sociale
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- Ce travail de recherche a pour ambition de mieux comprendre l’articulation de la justice sociale dans l’économie sociale et solidaire (ESS) et de mettre en lumière l'importance de l'ESS dans la promotion d'une économie plus équitable et plus inclusive. Les organisations de l'ESS, qu'elles soient coopératives, mutuelles, associations ou fondations, partagent une vision commune de la solidarité et de la primauté de l'humain sur le capital. Nous savons, en effet, qu’elles se distinguent par leur gouvernance démocratique, la création d’espaces publics de proximité, l’hybridation des ressources, le réinvestissement des bénéfices dans l'activité et leur contribution significative au développement local et par bien d’autres aspects. Objectifs de la Recherche L'objectif principal de ce mémoire est d'analyser les interactions entre l'économie sociale et solidaire et la justice sociale. Pour ce faire, nous nous fixerons les objectifs spécifiques suivants : 1- Définir et contextualiser les concepts de l'ESS et de la justice sociale. 2- Circonscrire l’analyse dans une vision démocratique axée sur les droits humains 3- Évaluer les pratiques de l'ESS à travers des études de cas spécifiques, en mettant en lumière leurs contributions à la justice sociale. 4- Identifier les défis et les limites rencontrés par les initiatives de l'ESS dans la promotion de la justice sociale. Structure du travail Le mémoire est structuré en deux parties. Une première partie théorique qui vise à poser le cadre conceptuel à l’aide de la revue de littérature existante et une deuxième partie plus méthodologique. La première partie propose un bref parcours historique non exhaustif de l’ESS dans le premier chapitre, puis un exposé de l’actualité politique concernant ce secteur d’activités au chapitre 2. Le chapitre 3 qui clôt cette partie discute des éléments de justice sociale à l’épreuve des droits de l’homme. Ces trois chapitres ont leur raison d’être : le premier sert à poser le cadre du troisième secteur économique, son histoire et son évolution dans le temps. Le deuxième chapitre vise à rappeler que l’économie et la politique sont liées et dans le même temps, il nous permet d’entrevoir l’importance que prend l’ESS aujourd’hui dans le discours politique. Quant au troisième chapitre, il expose, entre autres, une certaine conception de la justice sociale et offre une réflexion sur le lien que l’on pourrait établir entre les principes d’économie sociale et solidaire avec certains passages de quelques chartes des droits humains. La première partie correspond au titre du mémoire tandis que la deuxième partie fait référence au sous-titre. Elle est axée sur l’analyse des principes tels : gouvernance démocratique, conditions de travail et de salaire, ligne hiérarchique, etc. par le truchement de l’analyse des entretiens avec les acteurs rencontrés dans les 3 coopératives analysées. Ce sont des coopératives à finalité sociale dans le secteur alimentaire. Elles se placent au cœur de la lutte contre les inégalités alimentaires et la promotion d’emplois de qualité où les travailleurs participent à la vie des organisations et co-construisent des projets et des décisions d’avenir pour contribuer à un changement de mentalité. La rencontre avec les acteurs de terrain a permis une meilleure compréhension des principes de gouvernance démocratique, la souplesse horaire, le bien-être au travail, etc. Cette recherche nous permet d’avoir un regard neuf sur les activités humaines, et sur l’économie en particulier. Car, nous pensons, à l’instar de Patrick Viveret, philosophe et essayiste français, qu’« une certaine période historique est en train de se terminer : il y a des éléments d’insoutenabilité – écologique, financier, démocratique – dans notre système actuel. Si on reste le nez sur le guidon du vieux monde (…), on ne voit pas la germination créative qui est en train d’apparaître ». L'ESS nous aide à rentrer dans cette nouveauté.