La surconsommation chronique des inhibiteurs de la pompe à protons chez les personnes âgées : quelles stratégies pour les déprescrire en médecine générale ?
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- Introduction : La sur-prescription des inhibiteurs de la pompe à protons, avec près de la moitié de leur consommation hors indications, est une problématique reconnue depuis plus d’une décennie. Malgré cela, l’usage de ces médicaments ne cesse de croître, atteignant 2 millions d’utilisateurs Belges en 2016. Bien que touchant l’ensemble de la population adulte, ce problème concerne particulièrement les patients âgés (>65 ans), plus sensibles aux potentiels effets indésirables et à la poly-médication. L’objectif de ce travail est donc d’analyser les données de la littérature actuelle sur les stratégies et modalités efficaces de déprescription des inhibiteurs de la pompe à protons chez les patients âgés de plus de 65 ans en médecine générale. Méthodologie Cette revue méthodique de la littérature a été entreprise de juin 2020 à décembre 2020 à l’aide de mots-clés dans la littérature primaire à quaternaire ainsi que sur la base de données PubMed. La recherche s’est limitée aux articles en français et en anglais datant de moins de 15 ans retrouvés dans les guidelines, les revues systématiques, les méta-analyses, les essais randomisés, les études observationnelles et les études interventionnelles. Une première sélection a été effectuée par lecture du titre, abstract voire de l’article complet. Des échelles d’évaluation de la qualité des différents articles ont ensuite été utilisées. Deux guidelines ayant obtenu un score supérieur à 70 % et cinq études prospectives interventionnelles ont été utilisés pour fournir les résultats de cette étude. Résultats : La mise en place du processus déprescription des IPP repose notamment sur une revue de la médication, sur l’éducation des patients et des soignants, sur un sevrage progressif et sur un suivi rapproché. Après application de plusieurs de ces stratégies dans les études analysées, le taux de déprescription complète des IPP chez les patients âgés de plus de 65 ans variait de 50% à 90%. Conclusion : Un arrêt des IPP est possible en première ligne et est à proposer activement. Des outils récents sont disponibles pour aider les généralistes. L’individualisation du sevrage des IPP en fonction de la durée du traitement, du délai de survenue et de l’intensité des symptômes à l’arrêt de l’IPP serait l’option idéale. L’usage d’algorithmes spécifiques intégrés aux logiciels médicaux ainsi qu’une meilleure tenue des dossiers devraient être préconisés. L’inclusion des pharmaciens dans le processus s’avère également efficace.