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GILSON_91571300_2019.pdf
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- La présente monographie rend compte d’une enquête de terrain dite « pluri-située » d’une durée d’un an et demi conduite à la frontière franco-italienne, au sein d’un camp de demandeurs d’asile dans l’Est de la France, ainsi qu’auprès d’exilés aux statuts socio- administratifs hétérogènes (réfugiés, mineurs non-accompagnés, demandeurs d’asile, sans- papiers etc.) sur le territoire belge. Subdivisé en trois parties distinctes mais solidaires les unes des autres — chacune correspondant à l’un des trois lieux susmentionnés —, ce mémoire interroge successivement les phénomènes suivants: premièrement, la recrudescence des dispositifs de contrôle frontaliers intra-européens ainsi que leur propension à générer des « espaces-frontières » où stagnent les populations migrantes et où se déploie une violence aussi dérégulée que protéiforme. Deuxièmement, l’implémentation croissante de « camps » (et autres « hors-lieux » précarisés) en contexte urbain sous couvert de « l’urgence humanitaire » ou de la « gestion de crise » dans lesquels sont contraints de (sur)vivre les demandeurs d’asile durant la procédure. Troisièmement, les conséquences psycho-sociales des multiples violences, souffrances, traumatismes, atermoiements jalonnant les parcours migratoires à partir d’une posture épistémo-méthodologique spécifique qui est celle de la « clinique de l’exil ». Mises bout à bout, ces trois parties entendent proposer modestement une réflexion sur le caractère décisif des enjeux et des défis tout à la fois situés sur les plans de l’intime et du politique, du relationnel et de l’épistémologique, du psychique et du social, de l’exclusion et du soin, qui traversent de part en part le fait migratoire contemporain dont il est urgent de penser le devenir. Au fond, ce mémoire s’arrime tout entier à une, et une seule question : quelle expérience nos sociétés font-elles de l’exil ?