La guerre en Afghanistan sous le prisme de la sécuritisation et de la contre-sécuritisation
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- L’intervention militaire en Afghanistan est le fruit d’un acte de sécuritisation, menée par l’administration Bush pour construire les Talibans comme une menace existentielle pour les Etats-Unis et sa population, en tant que soutien logistique de la nébuleuse terroriste Al-Qaïda. L’objectif, dans un premier temps, de ce travail de d’analyser la manière dont l’administration Bush a construit l’ennemi comme une menace existentielle, en nous principalement basant sur les travaux de l’Ecole de Copenhague sur la sécurisation, ainsi que d’analyser la politique étrangère et le processus décisionnel de cette administration dans la guerre contre le terrorisme sous le prisme de notion tels que l’état d’exception, les actes de langage ou encore le framing dans la couverture médiatique. Le rôle des médias dans la légitimation de la menace et ainsi de la nécessité d’intervenir et d’employer la force militaire est ici longuement discuté et étudié. L’objectif, dans un deuxième temps, est de s’intéresser à la manière dont les Talibans ont mené à bien leur acte de résistance (un acte de contre-sécuritisation en réponse à l’acte de sécuritsation initial), destiné à la population afghane, à l’encontre de l’administration Bush, de l’OTAN et du GIRoA ainsi que de déterminer les raisons derrière le retrait définitif et total des troupes en Afghanistan, en s’intéressant à la guerre en Irak comme potentiel facteur. Ce travail s’articule autour de la tentative de vérifier la véracité des trois hypothèses suivantes. La première suppose que si l’intervention en Afghanistan a vu le jour alors cela implique que l’acte de sécuritisation de l’administration Bush dans la guerre contre le terrorisme et les Talibans a été une réussite, dans le sens où cet acte a légitimé l’usage de la force militaire auprès de la population. La deuxième présume que dès qu’une question est pleinement identifiée comme une menace existentielle pour sa sécurité, la population concernée acceptera n’importe quelle mesure exceptionnelle, quitte à ce qu’elle soit liberticide, privilégiant ainsi toujours sa sécurité à sa liberté. La dernière hypothèse suppose quant à elle que la raison pour laquelle les troupes occidentales se sont retirées d’Afghanistan est la réussite de l’acte de résistance et de contre-sécuritisation des Talibans contre l’administration américaine et l’OTAN.
Citations
Trabelsi, C. (2023). La guerre en Afghanistan sous le prisme de la sécuritisation et de la contre-sécuritisation. https://dial-mem.test.bib.ucl.ac.be/handle/2078.2/35719