Représentations sociales du genre et pratiques enseignantes dans l’enseignement secondaire
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- Nous nous sommes intéressés à la problématique des inégalités de genre dans l’enseignement secondaire en Belgique francophone à partir de deux questions de recherche : « Quelles sont les représentations des professeurs de l’enseignement secondaire sur le genre ? » et « Comment ces représentations du genre se traduisent-elles dans leur pratique professionnelle ? ». Les concepts clés du cadre contextuel et théorique sont la théorie sociocognitive de l’acquisition du genre (Bussey & Bandura, 1999), les représentations sociales dont les schémas sociaux (Clément, 2010), les pratiques professionnelles enseignantes, ainsi qu’une revue de la littérature sur les représentations du genre des enseignants. Dans la partie méthodologique, nous avons explicité notre posture épistémologique, l’échantillon (échelle de sexisme de Swim et al., 1995), l’utilisation de l’entretien semi-directif, l’écriture des monographies et l’analyse transversale. Nous avons découvert que les enseignants conçoivent le genre comme résultant essentiellement de l’éducation familiale durant la petite enfance ; à l’adolescence, les élèves ont acquis « la constance de genre ». A l’école, les stéréotypes et inégalités de genre sont peu combattus car difficilement identifiés par les enseignants. Néanmoins, nous avons découvert que les enseignants repèrent plus facilement les stéréotypes des élèves : scolarisés dans l’enseignement professionnel, des élèves musulmans, de la communauté LGBT ou de milieux sociaux défavorisés et qui ont un cadre de référence éloigné du leur. Les discours des enseignants mettent en évidence une bicatégorisation des élèves selon leur sexe, la place plus importante réservée aux garçons dans leurs établissements scolaires et la justification de ces discours par l’immaturité des garçons. Les enseignants du panel manifestent peu d’intérêt pour les formations sur le genre jugées inutiles à leur pratique. Ceux qui ont eu l’opportunité de questionner leurs représentations intègrent ces nouvelles connaissances dans leurs pratiques professionnelles et sont les seuls à reconnaître l’existence de stéréotypes de genre dans le milieu scolaire. Plusieurs pistes de recherches résultent de ce travail : il pourrait être intéressant d’analyser l’influence d’une formation au genre sur les représentations sociales des étudiants futurs-enseignants. Un autre angle de recherche pourrait être d’étudier les représentations sociales des enseignants dont le cadre de référence est différent de celui de notre panel. Nous pensons notamment aux enseignants membres de la communauté LGBT et/ou de la communauté musulmane.