Etude de l’influence de la pollution lumineuse et de la matrice urbaine sur les communautés de papillons de nuit et de chauves-souris
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- L'urbanisation est un facteur clé dans la perte, la fragmentation et la modification des habitats naturels, ce qui entraîne une perte globale de la biodiversité. Caractéristique de l’urbanisation, la pollution lumineuse est aussi un phénomène en expansion à l’échelle mondiale. Son effet se fait particulièrement ressentir pour les espèces nocturnes et elle a été désignée comme facteur principal du déclin des papillons de nuit dans nos régions. Les chauves-souris, dont la majorité des espèces de nos régions se nourrissent de ces insectes, sont aussi impactées, de manière variable, par ce phénomène. En effet, les zones soumises à l’éclairage nocturne attirent des insectes, particulièrement les papillons de nuit, qui représentent alors des proies faciles pour les espèces de chauves-souris tolérant la pollution lumineuse. Les espèces lucifuges, qui sont généralement spécialisées dans la consommation de papillons de nuit, sont exclues de ces zones éclairées. Les parcs représentent des refuges de biodiversité au sein de la matrice urbaine, au sein desquels les organismes sont soumis aux effets de la matrice urbaine environnante mais aussi de la pollution lumineuse. Ils représentent dès lors des lieux idéals pour étudier comment les communautés réagissent à l’urbanisation. En effet, comme la population humaine, et par conséquent le taux d'urbanisation, continue d'augmenter de façon exponentielle, il est important de comprendre comment maintenir et améliorer la biodiversité urbaine. Cependant, on sait peu de choses sur la façon dont les assemblages d'invertébrés, et en particulier les papillons de nuit, utilisent les parcs urbains, bien qu'ils fassent partie intégrante de ce paysage. A l’aide de pièges à alcool et à lumière et d’enregistrement d’ultrasons, nous avons étudié les effets de la pollution lumineuse et de la matrice urbaine sur les communautés de papillons de nuit et leur relation avec les chauves-souris. De cette manière, nous avons montré que l’isolement des parcs urbain mènent à une augmentation de la mobilité et de la proportion d’espèces généralistes au sein des communautés de macrolépidoptères. Nous n’avons toutefois pas mis en évidence d’impact quelconque de la pollution lumineuse sur les communautés de papillons de nuit. Concernant la relation proie-prédateur entre ces deux iv organismes, nous nous sommes limités à sa description. Nos observations ont montré que la communauté de chauves-souris est dominée par la Pipistrelle commune et est quasi-exclusivement composée d’espèces tolérant la pollution lumineuse. Nous n’avons en effet pas observé d’espèces spécialistes dans la consommation de papillons de nuit car elles sont lucifuges. Ces résultats soulignent l’importance de la connectivité au sein du milieu urbain afin de mieux protéger les papillons de nuit et les services écosystémiques qu’ils fournissent.