Facteurs prédisposant à la pancréatite sur asparaginase chez les enfants atteints de leucémie lymphoïde aiguë
Files
Claisse_Alexandre_10511600_2018-2019.pdf
UCLouvain restricted access - Adobe PDF
- 607.65 KB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Introduction : la leucémie lymphoïde aiguë (LLA) est la pathologie maligne la plus fréquente en pédiatrie. Son traitement implique l’usage d’asparaginase, mais celui-ci s’accompagne dans 2 à 18% des cas d’une pancréatite sur asparaginase (AAP), dont la physiopathologie reste mal connue. La survenue d’AAP, difficilement prédictible, est associée à un pronostic moindre de la LLA chez les patients traités. Cette étude a pour objectif d’identifier des facteurs prédictifs de l’AAP, et d’évaluer l’implication des gènes associés aux pancréatites pédiatriques dans sa survenue. Méthodologie : nous avons rétrospectivement identifié les patients âgés de moins de 18 ans ayant souffert d’AAP parmi 215 patients traités pour LLA ou pour lymphome lymphoblastique aux Cliniques St-Luc Bruxelles entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2016. Le diagnostic d’AAP reposait sur la présence, dans les 50 jours suivant un traitement par asparaginase, d’au moins 2/3 critères parmi les suivants : des symptômes compatibles avec une pancréatite aiguë, une élévation des lipases ou amylases > 3 fois la limite supérieure de la normale, et des signes compatibles à l’imagerie. Parmi ces patients, nous avons recherché des facteurs cliniques et biologiques prédictifs du développement d’AAP, notamment les facteurs de risques de pancréatites pédiatriques, principalement toxicométaboliques, génétiques, auto-immuns, infectieux, traumatiques et obstructifs. Nous avons réalisé de manière prospective des séquençages de l’exome chez trois de ces patients pour analyser 5 gènes associés aux pancréatites pédiatriques (CPA1, CTRC, SPINK1, PRSS1, CFTR). Résultats : 17 (17/215 ; 7,9%) patients avaient développé une pancréatite, mais seuls 13 (13/215 ; 6%) d’entre eux avaient reçu de l’asparaginase dans les 50 jours la précédent, excluant 4 patients pour le diagnostic d’AAP. 4 patients (4/13 ; 30,8%) ont présenté une récidive de pancréatite. Un âge plus élevé était significativement associé à un risque plus important d’AAP (P=0,02). L’AAP n’était pas associée aux protocoles de traitement des LLA à risque élevé, ni avec le sexe féminin ou masculin, ni avec l’immunophénotype de la LLA. La survenue d’AAP était associée à un risque de décès significativement majoré (P=0,03). Les 13 patients (13/13 ; 100%) ayant souffert d’AAP avaient reçu des corticoïdes avec l’asparaginase. Nous sommes parvenus à identifier chez 10 patients (10/13 ; 76,9%) au moins un facteur de risque de pancréatite non-médicamenteux surajouté. Le plus fréquent d’entre eux était infectieux (6/13 ; 46,2%). Le séquençage de l’exome révéla chez chacun des trois patients testés (3/3 ; 100%) une mutation sur un gène décrit comme associé aux pancréatites, dont deux patients sur le gène PRSS1, et un patient sur les gènes CTRC et CFTR. 2 patients (2/13 ; 15,4%) présentaient une anomalie métabolique, à savoir l’hypertriglycéridémie et l’hyperurémie, respectivement. Conclusion : L’AAP semble survenir chez des patients porteurs de mutations dans des gènes prédisposant aux pancréatiques pédiatriques. Ces résultats devront être confirmés sur un nombre plus important de cas et à l’aide d’un groupe contrôle. De plus, une meilleure compréhension de la pathophysiologie de l’AAP est nécessaire pour éclaircir son rôle en tant que toxique pour le pancréas.