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Facteurs prédisposant à la pancréatite sur asparaginase chez les enfants atteints de leucémie lymphoïde aiguë

(2019)

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Introduction : la leucémie lymphoïde aiguë (LLA) est la pathologie maligne la plus fréquente en pédiatrie. Son traitement implique l’usage d’asparaginase, mais celui-ci s’accompagne dans 2 à 18% des cas d’une pancréatite sur asparaginase (AAP), dont la physiopathologie reste mal connue. La survenue d’AAP, difficilement prédictible, est associée à un pronostic moindre de la LLA chez les patients traités. Cette étude a pour objectif d’identifier des facteurs prédictifs de l’AAP, et d’évaluer l’implication des gènes associés aux pancréatites pédiatriques dans sa survenue. Méthodologie : nous avons rétrospectivement identifié les patients âgés de moins de 18 ans ayant souffert d’AAP parmi 215 patients traités pour LLA ou pour lymphome lymphoblastique aux Cliniques St-Luc Bruxelles entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2016. Le diagnostic d’AAP reposait sur la présence, dans les 50 jours suivant un traitement par asparaginase, d’au moins 2/3 critères parmi les suivants : des symptômes compatibles avec une pancréatite aiguë, une élévation des lipases ou amylases > 3 fois la limite supérieure de la normale, et des signes compatibles à l’imagerie. Parmi ces patients, nous avons recherché des facteurs cliniques et biologiques prédictifs du développement d’AAP, notamment les facteurs de risques de pancréatites pédiatriques, principalement toxicométaboliques, génétiques, auto-immuns, infectieux, traumatiques et obstructifs. Nous avons réalisé de manière prospective des séquençages de l’exome chez trois de ces patients pour analyser 5 gènes associés aux pancréatites pédiatriques (CPA1, CTRC, SPINK1, PRSS1, CFTR). Résultats : 17 (17/215 ; 7,9%) patients avaient développé une pancréatite, mais seuls 13 (13/215 ; 6%) d’entre eux avaient reçu de l’asparaginase dans les 50 jours la précédent, excluant 4 patients pour le diagnostic d’AAP. 4 patients (4/13 ; 30,8%) ont présenté une récidive de pancréatite. Un âge plus élevé était significativement associé à un risque plus important d’AAP (P=0,02). L’AAP n’était pas associée aux protocoles de traitement des LLA à risque élevé, ni avec le sexe féminin ou masculin, ni avec l’immunophénotype de la LLA. La survenue d’AAP était associée à un risque de décès significativement majoré (P=0,03). Les 13 patients (13/13 ; 100%) ayant souffert d’AAP avaient reçu des corticoïdes avec l’asparaginase. Nous sommes parvenus à identifier chez 10 patients (10/13 ; 76,9%) au moins un facteur de risque de pancréatite non-médicamenteux surajouté. Le plus fréquent d’entre eux était infectieux (6/13 ; 46,2%). Le séquençage de l’exome révéla chez chacun des trois patients testés (3/3 ; 100%) une mutation sur un gène décrit comme associé aux pancréatites, dont deux patients sur le gène PRSS1, et un patient sur les gènes CTRC et CFTR. 2 patients (2/13 ; 15,4%) présentaient une anomalie métabolique, à savoir l’hypertriglycéridémie et l’hyperurémie, respectivement. Conclusion : L’AAP semble survenir chez des patients porteurs de mutations dans des gènes prédisposant aux pancréatiques pédiatriques. Ces résultats devront être confirmés sur un nombre plus important de cas et à l’aide d’un groupe contrôle. De plus, une meilleure compréhension de la pathophysiologie de l’AAP est nécessaire pour éclaircir son rôle en tant que toxique pour le pancréas.

Citations

Claisse, A. (2019). Facteurs prédisposant à la pancréatite sur asparaginase chez les enfants atteints de leucémie lymphoïde aiguë. https://dial-mem.test.bib.ucl.ac.be/handle/2078.2/12284