La relation entre les antécédents familiaux et l'acquisition du langage et de la communication chez le jeune enfant. Le potentiel des analyses écologiques automatisées.
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- Le développement du langage et de la communication implique des facteurs biologiques et environnementaux. L’antécédent familial de trouble langagier (oral ou écrit) est un facteur de risque du trouble développemental du langage encore peu étudié sur base d’une combinaison d’outils d’évaluation dans une population d’âge précoce. Notre étude a pour objectif d’analyser le développement précoce du langage et de la communication chez des enfants de 12 à 24 mois avec ou sans antécédents familiaux de difficultés langagières (orales et/ou écrites) à travers différents outils d’évaluation (i.e., une évaluation individuelle cognitive et comportementale, un inventaire parental et une analyse vocale automatisée à l’aide de la technologie LENA). Nous émettons l’hypothèse que la présence d’un antécédent familial de problèmes langagiers oraux et/ou écrits impacterait déjà précocement les capacités prélinguistiques de l’enfant et que cet impact varierait selon l’environnement langagier. Aucune différence significative n’a été mise en évidence dans le cadre de ces deux hypothèses. Toutefois, les analyses descriptives montrent que les enfants porteurs d’antécédents familiaux (AF+) obtiennent des scores moins élevés en ce qui concerne les précurseurs formels, le nombre de vocalisations et de tours de parole, le questionnaire parental et l’ensemble des capacités langagières précoces. Elles témoignent également d’une plus grande proportion d’enfants à risque d’un point de vue de l’environnement langagier et de parleurs tardifs au sein du groupe AF+ par rapport au groupe contrôle AF-. Ce travail démontre le potentiel des analyses écologiques automatisées de la parole ainsi que l'importance de prendre en considération le contexte génétique et environnemental d’un enfant. L’identification des facteurs de risque, bien qu’elle soit insuffisante pour établir un diagnostic, doit conduire à porter une attention particulière au développement langagier. De futures recherches sont nécessaires pour relever des profils fiables de risques spécifiques et réaliser, éventuellement, une prise en charge précoce ciblée.