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Analyse microbiologique des infections du pied diabétique

(2022)

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L’infection du pied diabétique (IPD) est une complication fréquente de l’ulcère de pied diabétique reconnue comme un facteur de mauvais pronostique pour le pied et le patient diabétique. La prise en charge de cette infection nécessite un soutien microbiologique adéquat, déterminé par des techniques de prélèvements fiables, afin d’adapter les schémas thérapeutiques, autant médicaux que chirurgicaux. Cette écologie est dynamique et l’émergence progressive de la résistance aux antibiotiques constitue un problème majeur de santé publique. Une révision des données microbiologiques afin de vérifier l’adéquation des schémas médicamenteux s’impose. Les données microbiologiques et les histoires cliniques de 193 patients admis aux cliniques universitaires Saint-Luc dans le service d’endocrinologie de 2017 à 2019 dans le cadre d’IPD, ont été analysées. L’écologie des IPD a été déterminée sur base des isolats des biopsies. Nous avons comparé l’efficacité des frottis profonds et superficiels aux biopsies. Nous avons également tenté déterminer le nombre optimal de biopsies à réaliser. Nous avons mis en évidence la flore infectieuse et plus particulièrement celle des infections récidivantes. Nous avons également analysé les profils de résistances de cette flore et recherché la présence de bactéries multirésistantes (BMR). Nous avons confronté certains facteurs de risques présents dans la littérature aux données récoltées par notre étude. Finalement nous avons essayé de déterminer l’impact des BMR sur les séjours hospitaliers. Nos résultats montrent que réaliser plusieurs biopsies permettrait de distinguer les contaminants des espèces infectieuses, mais qu’un trop grand nombre augmentait le risque de récolter des contaminants. Ils montrent également que la flore récoltée par les prélèvements profonds n’est pas comparable à celle retrouvée par les biopsies. La flore infectieuse est majoritairement CGP, dominée par les Staphylococcus, dont S.aureus comme principale espèce. Les BGN et en particulier les Enterobacterales sont également forts présents. Certaines espèces étaient particulièrement fréquentes dans les infections récidivantes et polymicrobiennes tel que C.striatum, S.aureus, E.fecaelis. Les profils de résistance des souches infectieuses étaient principalement sauvages. Seuls 4 % des souches isolées ont été considérées comme multirésistantes. L’espèce avec le taux le plus élevé de BMR est le Staphyloccocus aureus (9% des isolats). Nous n’avons pas pu confirmer que l’ostéomyélite, les antécédents hospitaliers ou que le type de diabète étaient des facteurs de risque d’infection par les BMR. Cependant la durée cumulée des séjours pré et per-infectieux des patients BMR était significativement plus longue que celle des patients non-BMR. D’autre part, nous avons mis en évidence que le portage MRSA était associé à l’infection par MRSA. Les frottis profonds ne devraient pas remplacer les biopsies, qui lorsqu’elles sont réalisées à plusieurs reprises permettent de discriminer la flore contaminante de la flore infectieuse. La flore des IPD est très diversifiée, des interactions entre bactéries au sein de biofilms pourraient contribuer à la chronicité des infections. L’hospitalisation pourrait favoriser l’acquisition des BMR. L’impact des BMR sur les séjours hospitaliers des patients atteints d’IPD semble faible avec des souches infectieuses majoritairement sauvages et un taux de BMR relativement bas.