Comment l'accueil collectif en Belgique contribue-t-il à l'accès aux soins de santé des demandeur.ses de la protection internationale ? Analyse qualitative d'un centre bruxellois
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- Introduction : à l’issue du mois de janvier 2023, 42 150 demandeur.ses de la protection internationale (DPI) étaient dans l’attente d’une réponse d’octroi ou non d’une protection par l’état belge. Une grande majorité vit dans un des nonante-deux centres d’accueil collectif belge avec une durée moyenne de résidence de 13,2 mois. En cohérence avec la législation européenne, l’état belge prévoit une aide matérielle pour les DPI, dont un accompagnement médical, psychologique et social. Au regard de leur parcours de vie, cette population a des besoins en santé spécifiques. De plus, il y a un consensus au sein de la littérature qui établit que les logements collectifs ont un impact direct sur l’état de santé des DPI. Cette étude s’ancre dans la réalité actuelle de terrain. Les dispositifs d’accueil sont saturés depuis le mois d’octobre 2021. Cette saturation du réseau affecte directement les DPI, car certain.e n’ont plus accès à l’aide matérielle et donc, leur accès aux soins est compromis. Ainsi, l’objectif de la présente étude est de comprendre comment l’accueil collectif en Belgique contribue à l’accès aux soins de santé pour les DPI. Méthodes : cette recherche s’inscrit dans une approche qualitative. Les données ont été recueillies via huit entretiens semi-directifs menés auprès de professionnel.les du domaine du social et du médical qui accompagnent les DPI depuis un centre d’accueil collectif situé à Bruxelles. Une analyse thématique en continu a été réalisée grâce à la retranscription intégrale des entretiens. Un arbre à thèmes a été conçu au fur et à mesure de l’étude des entretiens pour aboutir à sa forme finale en fin d’analyse. Cette dernière s’est structurée autour d’un cadre théorique, celui des 5A développé par R. Prenchansky et J. William Thomas. Résultats : l’étude démontre une interaction entre les cinq rubriques du modèle et notamment une forte convergence vers l’impact de l’aspect linguistique dans l’accès aux soins de santé. Aussi, de manière transversale, le maintien du secret médical apparaît à plusieurs niveaux et interroge l’accès aux services de santé. Discussion : les éléments précédemment cités ont été développés au regard des déterminants sociaux de la santé pour aboutir sur des propositions de réflexions contextualisées au centre d’accueil étudié. Une première réflexion a abouti sur la création du statut d’assistant.e linguistique ou de pair.e éducateur.ice en abordant les possibilités concrètes d’implantation. Une seconde réflexion porte sur la proposition d’un cadre d’analyse pour guider le jugement et la réflexion lors de situations où il est difficile de conserver le secret médical. Ce cadre est fondé sur le principlism dans le but d’avoir un support pour mieux comprendre les tenants et aboutissants d’une problématique de santé et in fine prendre des décisions justes d’un point de vue éthique.