Ouvrir un débat sur la valorisation des systèmes d'intégration culture-élevage comme leviers pour une gestion durable des flux d'azote en Région wallonne
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- Les flux d’azote sont, à l’heure actuelle, source de questionnements et de débats parmi les acteurs des mondes agricole, scientifique, et politique. Le maintien de la fertilité, la mitigation des émissions de gaz à effet de serre et la diminution de risque de pollution de nos eaux sont autant d’enjeux que recouvre leur gestion. A ces questions s’ajoute celle, très actuelle, de la durabilité de l’élevage et de son importance au sein du système. Cet élevage, autrefois connecté aux cultures au sein des systèmes intégrés polyculture-élevage, joue dans le système un rôle encore majoritairement perçu comme essentiel pour la fertilité azotée. Le premier objectif de ce mémoire est la quantification des flux d’azote en Région wallonne, afin de mettre en avant la présence d’éventuelles tensions au sein du système. Le second objectif est la mise en scène de perspectives d’évolution pour la durabilité des flux quantifiés. Ces perspectives sont présentées sous la forme de deux scénarios à l’horizon 2030. Le troisième et dernier objectif de cette étude est l’ouverture d’un dialogue inter-experts, afin de confronter les différentes opinions existant sur la durabilité des flux d’azote, et sur les scénarios imaginés. L’outil COCOON, développé dans le cadre de cette étude, a permis de quantifier les flux d’offre et de demande en azote au sein du système agricole wallon et d’évaluer trois indicateurs : l’autonomie du système en azote organique, l’autonomie alimentaire du cheptel en azote digestible et l’efficience de l’utilisation d’azote au sein du système. L’analyse de ces résultats a fait ressortir deux grandes tensions relatives à la gestion des flux d’azote : une tension quantitative, exprimée par une dépendance du système à l’azote synthétique, et une tension territoriale, exprimée par une séparation spatiale des flux d’offre et de demande en azote organique, en raison de l’éloignement géographique entre les régions d’élevage et de grandes cultures. Deux scénarios ont été co-construits avec l’aide de 17 experts du monde agricole et des flux d’azote. Le premier met en scène une évolution de l’Agriculture Biologique (AB) qui atteint 30% de la Superficie Agricole Utile (SAU) wallonne en 2030. La mise en œuvre du scénario a montré une diminution de la tension quantitative et une augmentation de la tension territoriale, dû à la transition vers l’AB de superficies importantes au sein des grandes cultures. Les trois indicateurs évalués ont augmenté suite à la mise en œuvre du scénario. Le second scénario met en scène une évolution du cheptel wallon permettant d’atteindre l’autonomie alimentaire du cheptel en azote digestible. Sa mise en œuvre a montré une augmentation de la tension quantitative, dû à une importante diminution du cheptel bovin et un maintien de la tension territoriale. L’autonomie du cheptel est atteinte, tandis que l’autonomie en azote organique est diminuée. L’efficience évolue faiblement. Le dialogue ouvert avec les experts et l’analyse des résultats ont permis de mettre en avant deux perspectives, comme des leviers pour le dénouement de ces tensions : l’augmentation des superficies de légumineuses dans le système, et le renforcement de l’intégration entre les cultures et l’élevage coordonnés collectivement à l’échelle de la Région wallonne.HERA Award Sustainable Food Systems 2022