Les fonctions de la transmission intergénérationnelle de la mémoire familiale de résistance et de collaboration en Belgique
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- La réalisation de ce mémoire s’inscrit dans le projet interdisciplinaire « TRANSMEMO », qui s’intéresse à la transmission intergénérationnelle des souvenirs familiaux dans des familles belges de collaborateurs et de résistants. L’apport de ce mémoire consiste à examiner le rôle de cette mémoire familiale : les souvenirs se transmettent-ils d’une génération à l’autre ? Les familles accordent-elles de l’importance à ces récits ? Quelles sont les fonctions principales attribuées à ces récits ? Pour répondre à ces questions, des entretiens ont été effectués sur trois générations de quarante-sept familles de résistants et de collaborateurs. Ensuite, des analyses quantitatives ont été réalisées pour les deux premières sous-questions de recherche (la transmission des souvenirs et l’importance qui leur est accordée), et des analyses qualitatives pour la dernière sous-question (les fonctions des souvenirs). Sur base de la littérature, nous avons conclu que la mémoire collective belge de la résistance et de la collaboration influencerait la transmission intrafamiliale des souvenirs de la guerre. Les résultats de la partie empirique confirment cette inférence. En effet, les souvenirs sont plus souvent transmis au sein des familles de résistants que de collaborateurs. Cependant, les résultats montrent également que ces familles accordent toutes deux une très grande importance à la connaissance et à la transmission des récits familiaux. La moindre transmission dans les familles de collaborateurs ne serait donc pas en accord avec leur volonté profonde de connaître et de transmettre ces récits. Par ailleurs, les membres des familles de collaborateurs auraient surtout envie de connaître et de transmettre ces récits pour des raisons liées à la construction identitaire. Alors que, dans les familles de résistants, aucune fonction ne serait plus mise en avant qu’une autre. Ce serait le regard de la société, vis-à-vis de la collaboration, qui provoquerait de la souffrance et qui rendrait difficile l’acte de transmission dans les familles de collaborateurs. Alors qu’au fond, leurs membres auraient besoin de connaître la vérité sur leurs origines, pour mieux construire leur identité et avancer.