Boris Vian, musique et littérature : L'empreinte du jazz dans L'Écume des jours et J'irai cracher sur vos tombes
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- Comme toute création artistique, la musique peut devenir un symbole significatif renvoyant à un contexte socioculturel précis et à des représentations qui circulent dans l’imaginaire collectif. Selon le style musical, c’est un traitement différent qu’en fera la mémoire culturelle, responsable des valeurs attribuées à tout genre artistique. À travers l’histoire de son développement, le jazz a vu passer de nombreuses représentations à son égard n’allant pas toujours dans le sens de la valorisation artistique. La production de ce genre musical fut marquée par d’importants changements au sein de l’industrie musicale, et plus globalement par de grandes mutations dans la société occidentale tout au long du vingtième siècle. Actuellement, l’imaginaire autour du jazz renvoie à un genre musical snob, écouté seulement par les personnes âgées ou par les grands mélomanes appréciant les finesses techniques que la masse ne peut comprendre. À l’oreille, cela ne correspond pas à ce qui est en vogue : ces représentations sont conditionnées par l’environnement musical actuel. Pourtant, le jazz eut beaucoup de succès à une époque où il entretenait son propre public d’amateurs passionnés. Au départ, c’était exclusivement la musique des communautés noires aux États-Unis ; au fur et à mesure, le genre est devenu populaire, associé à une jeunesse enthousiaste et en quête d’expérience artistique éparpillée à travers le monde. Dans ce mémoire, nous allons envisager les conditions de la construction d’un imaginaire autour d’un genre musical en rupture par rapport aux conventions de la tradition dans les années cinquante en France. Cette recherche sera centrée sur un des protagonistes les plus importants de la scène culturelle et artistique parisienne après la Seconde Guerre mondiale : Boris Vian. Il s’agira ensuite de saisir la manière dont l’auteur exploite l’imaginaire jazzistique dans deux de ses romans : L’Écume des jours et J’irai cracher sur vos tombes. Dès lors, nous examinerons l’usage du motif jazzistique dans le roman pour envisager la transmission d’idées à partir de l’imaginaire de ce genre musical. Compte tenu de la multiplicité de cet imaginaire, il est intéressant de connecter les propos de Vian, les confrontations entre les différentes visions du jazz à l’époque et ce à quoi elles renvoient au niveau socioculturel pour envisager un discours engagé au sein des romans.