Le rôle des agences de notation sur les pays de la zone Euro lors de la crise de la dette souveraine européenne.
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- Au cours de ces dernières années, et plus particulièrement lors des périodes de crises financières, les agences de notation ont été placées sous le feu des projecteurs des médias et des économistes. Décriées par certains et défendues par d’autres, ces agences ont fait couler beaucoup d’encre. Dans le cadre de ce mémoire, nous avons abordé la thématique des agences de notation et plus particulièrement le rôle que celles-ci ont pu jouer lors de la crise de la dette souveraine européenne entre les années 2009 et 2012. Pour ce faire nous avons défini la question de recherche comme suit : Les publications des principales agences de notation ont-elles constitué un apport informatif, confirmé via une variation significative des cours obligataires européens, à l’égard des investisseurs lors de la crise de la dette souveraine européenne?. Nous avons donc examiné les publications émises par les principales agences, S&P, Moody’s et Fitch Ratings relatives aux ratings de 7 pays de la zone Euro (Belgique, Espagne, Italie, Irlande, France, Grèce et Portugal) lors de la crise de la dette souveraine ainsi que leur impact relatif sur les cours obligataires des Etats. Lors de cette analyse, nous avons constaté que les publications des trois agences Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch Ratings n’ont pas impacté les différents pays étudiés de la même manière. Ainsi les rendements de la France et l’Italie n’ont pas subi de variations lors des publications des agences alors que ceux de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande l’ont été. De plus, les agences ne proposent pas les mêmes apports informatifs. L’agence Fitch Rating semble être celle qui apporte le moins d’informations sur le marché. En effet, pour les obligations de maturité 3 ans, seuls les downgrades de cette agence semblent avoir influencé les marchés obligataires. Nous avons également constaté que le type d’annonce joue également un rôle dans le caractère informatif des publications. Les diminutions de ratings et les mises sous surveillance négative sont les publications qui auraient fait varier les rendements de manière la plus importante. Enfin, lorsque nous comparons les résultats obtenus entre les différentes maturités, nous constatons que nous ne retrouvons pas de fortes différences dans la globalité de ces résultats sauf pour les mises sous perspectives négatives où une plus longue maturité diminue l’impact de cette publication. Ces différences de résultats semblent s’expliquer via divers facteurs. Dans un premier temps, la maîtrise des investisseurs des marchés obligataires européens et la multitude d’acteurs œuvrant dessus ont fait varier la perception du risque de crédit des investisseurs avant les publications des agences de notation relatives à ces variations de risques pour la France et l’Italie. Dans un deuxième temps, la constante évolution du risque de crédit de certains états et l’utilisation des ratings dans la législation européenne ainsi que les règles prudentielles internes des fonds d’investissement semblent avoir contribué et amplifié l’apport informatif des publications pour la Grèce, le Portugal et l’Irlande. Au cours de la crise de la dette souveraine européenne, les agences ont donc joué différents rôles en fonction des Etats analysés. Pour la France et l’Italie, les agences de notation ont joué un rôle de suiveuses en proposant un apport informatif qui n’a pas modifié les décisions d’investissements des agents économiques. Pour la Grèce, le Portugal et l’Irlande, les agences semblent avoir fourni un apport informatif aux investisseurs via principalement leurs publications de downgrades et de mises sous surveillances négatives.
Citations
Labruyère, C. (2016). Le rôle des agences de notation sur les pays de la zone Euro lors de la crise de la dette souveraine européenne.