L'éducation et l'accueil du jeune enfant (EAJE) : pour se donner un genre!
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- Bien que l’égalité entre les hommes et les femmes soit une notion partagée par le plus grand nombre d’individu, au 21ème siècle en Belgique ; il n’en demeure pas moins que les inégalités sociales entre les hommes et les femmes sont encore nombreuses. L’acquisition des mêmes droits n’a pas mis fin aux représentations sur les stéréotypes de genre qui se construisent dès les premières années de vie de l’enfant, voir même se construisent déjà durant la grossesse. Ces stéréotypes et préjugés liés au genre font tellement partie du quotidien des enfants et des adultes, qu’ils nous donneraient presque l’impression que les inégalités entre les hommes et les femmes appartiennent à une époque révolue. C’est justement à force d’être répété et transmis de génération en génération que la différence entre les hommes et les femmes finit par apparaître « naturelle », alors qu’en réalité cette différenciation est en grande partie construite. Dès lors, au départ de notre expérience personnelle et professionnelle, nous nous sommes questionné sur la transmission des stéréotypes de genre, par les femmes elles-mêmes et plus précisément par des stagiaires en reprise d’étude et mère d’un ou plusieurs enfant.s, dans le domaine de l’éducation et l’accueil du jeune enfant (EAJE). Pour ce faire, nous nous sommes basés sur la pensée de l’ethnographie institutionnelle en guise de démarche avec pour outils méthodologiques, les récits de vie et les entretiens semi-directifs. Les récits de vie passés auprès des étudiantes dans le domaine de l’EAJE, ont permis la construction du guide destiné aux entretiens semi-directifs. L’articulation entre les récits de vie et les entretiens semi-directifs ont donné lieux à des analyses qualitatives. Celles-ci, nous ont permis de comprendre les relations de pouvoir et de domination sociale (Maunier, 2018) grâce aux vécus et aux expériences des intervenant.e.s. mais également la dynamique de transmission des stéréotypes de genre qui se joue entre les niveaux d’intelligibilités micro, méso et macro. Selon nos résultats, les stéréotypes de genre semblent être véhiculés par ce que Dortohy Smith nomme les « textes » et permettent d’effectuer des connexions et de servir de supports à une relation sociale. L’ensemble de ces relations sociales donnent lieu à une cartographie que nous avons essayé de schématiser sous forme de zones d’intelligibilités que nous avons nommé « terrains visibles ». Ces « terrains visibles » semblent mettre en évidence le poids des croyances des stéréotypes de genre qui sont omniprésents et qui se retrouve dans les postures identitaires, dans le processus de professionnalisation dans les curriculum et dans la sphère du travail dans l’EAJE. Malgré une évolution qui marque la bonne volonté de faire évoluer les mentalités concernant « l’égalité » de genre, cette volonté de bien faire reste marquée par un schéma de penser stéréotypé.