Détermination du caractère agroécologique de parcelles de cacaoyers sur base de paramètres écologiques et agronomiques : étude dans la région de l’Alto Beni, Bolivie
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- Afin de répondre à la demande croissante de cacao, les surfaces de cacaoyères augmentent, au détriment des forêts tropicales. La cacaoculture est responsable de la déforestation de plus de 10 millions d’hectares. On assiste également au développement de la conduite de cacaoyères en monoculture alors que le cacaoyer était traditionnellement cultivé sous un couvert forestier. La monoculture permet une augmentation des rendements à court-terme, mais malheureusement, sans apport de fertilisation minérale et de gestion des maladies et ravageurs à l’aide de produits phytosanitaires, la productivité s’effondre rapidement. De plus, le manque de production de matière organique causé par l’abattage du couvert forestier conduit à la diminution du taux d’humus et à l’érosion des sols. Rapidement, la plantation n’est plus rentable et le producteur doit défricher une nouvelle parcelle forestière, accentuant encore la pression de déforestation. L’agroforesterie agroécologique permet d’augmenter la longévité des cacaoyères grâce à l’entretien de la fertilité organique des sols, tout en offrant divers avantages aux producteurs. La diminution de la production de cacao peut être largement compensée par ceux-ci. L’objectif de ce mémoire est de déterminer s’il est possible d’estimer le degré d’adhésion de producteurs à l’agroforesterie et à l’agroécologie à partir de données écologiques et agronomiques, inventoriées directement dans les plantations. Les résultats obtenus sont ensuite comparés à une enquête préliminaire à large spectre, reprenant tant des questions agronomiques qu’économiques ou sociales, réalisée auprès de 360 producteurs de cacao de la région de l’Alto Beni en Bolivie. Certains producteurs de cette région ont bénéficié de l’appui d’ONG telles que l’AOPEB ou SOS Faim. Pour ce faire, des inventaires ont été faits dans les parcelles de 24 producteurs ayant participés à l’enquête. Les placettes expérimentales ont été classifiées par une fonction statistique en trois groupes. Une fois caractérisés, ces groupes ont été comparés aux résultats de l’enquête préliminaires. Les résultats montrent qu’un groupe se distingue clairement des autres quant à ses paramètres agroécologiques et agroforestiers supérieurs. Un autre présente très peu de caractéristiques agroforestières mais une certaine adhésion à l’agroécologie. Le dernier est celui présentant le moins d’adhésion à l’agroforesterie agroécologique mais se distingue fortement par sa situation topographique, sur les versants des montagnes. Les parcelles des deux autres groupes sont, quant à elles, toutes situées dans la plaine. Les paramètres écologiques et agronomiques permettent donc de donner un aperçu du système de production d’une parcelle de cacaoyers. Cependant, les relations existantes entre variables restent parfois mal comprises et mériteraient d’être d’avantage investiguées afin de mieux comprendre les raisons de l’adoption ou non d’une production de cacao agroforestière et agroécologique par le producteur.