La division du travail éducatif en Belgique francophone. Analyse exploratoire à partir du regard du médiateur scolaire en Fédération Wallonie-Bruxelles
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- La division du travail éducatif en Belgique francophone a connu une évolution importante au cours des trois dernières décennies. Suivant le modèle nord-américain, de multiples acteurs sont venu décomposer et redistribuer les tâches éducatives traditionnelles, autrefois prérogatives essentielles des enseignants. Ces acteurs répondent à un changement important de la demande faite à l’école, celle d’éviter l’exclusion de populations d’élèves de plus en plus nombreuses qui ne sont pas toujours adaptées aux « normes » scolaires. En Belgique francophone ces acteurs réalisent pour l’essentiel des tâches liées au bien-être du jeune à l’école, à la lutte contre le décrochage, l’absentéisme et les violences scolaires,… L’objectif de cette recherche exploratoire est d’analyser cette division et de mieux comprendre l’organisation du travail dans le champ scolaire en Belgique francophone. Pour réaliser cet objectif, nous nous sommes intéressés à l’un de ces « nouveaux » acteurs : le médiateur scolaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous avons analysé les différents décrets en lien avec les problématiques citées ci-dessus et réalisé des entretiens semi-directifs de huit médiatrices. Si l’enseignant reste presque le seul dépositaire des tâches d’instruction à l’intérieur de sa « cellule-classe » en Belgique francophone, le rôle de la médiation est de venir le soulager de certaines tâches de socialisation et d’éducation en travaillant sur le lien scolaire, via la résolution des conflits. De par sa fonction, il vient bien renforcer la division du travail éducatif en se spécialisant dans sa tâche particulière, qui au fil du temps se resserre de plus en plus sur de la médiation pure. Néanmoins, cette division plus forte n’est pas sans conséquences puisque celle-ci accroît les difficultés de coordination entre des services de plus en plus nombreux, qui de surcroît ont parfois des tâches qui se chevauchent, augmentant les risques de « concurrences » entre acteurs. Mais également des difficultés en termes de visibilité et de cadrage des missions pour les élèves et les autres acteurs du champ scolaire. Se pose également la question de la place du médiateur au sein du champ scolaire. Est-il là pour veiller à l’émancipation du jeune au sein de l’école ou pour soulager l’institution (et les enseignants) du « sale boulot » ?