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Concertation et participation communautaire aux activités de promotion de la santé en milieu urbain africain : la maison de santé : une stratégie de santé communautaire pour le quartier de Nkoldongo à Yaoundé - Cameroun

(1996)

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Les villes du sud, notamment les plus grandes, parce qu’elles accumulent les richesses du pays et offrent aux jeunes plus de chances de réussite que les campagnes et parce qu’elles constituent un véritable paradis pour les millier de jeunes en quête de travail, de loisirs, de liberté et de bien-être tout court, continueront à attirer de plus en plus de monde dans les années à venir si une véritable politique d’aménagement du territoire n’est pas mise en route. Cette expansion démographique qui n’est malheureusement pas soutenue par la croissance économique, entraîne pour les populations urbaines plusieurs problèmes de santé : chômage, drogue, habitat, infections, sida, hygiène, assainissement du milieu, etc. Cette complexification et cette diversité des problèmes de santé, mettent à rude épreuve les services de santé de la ville en Afrique, qui ne peuvent plus répondre aux demandes d’une population sans cesse en augmentation rapide. La problématique de santé des villes du sud n’est donc pas purement médicale ou thérapeutique, mais aussi politique, économique, sociale et culturelle. Apporter des solutions aux problèmes de santé ici revient à admettre tout d’abord que la santé n’est pas du seul ressort des institutions de soins et des professionnels médicaux, mais qu’il s’avère dès lors indispensable d’impliquer les autres secteurs de la vie : écoles, associations, églises, milieux de travail, communes, et l’ensemble des forces vives de la collectivité, dans une approche globale et concertée de la santé. Car des interventions isolées risquent de ne pas apporter de solutions véritables et durables à des problèmes de santé aussi complexes. Le travail en équipe en milieu urbain en Afrique semble donc inévitable et indispensable, parce qu’il permet des échanges fructueux d’expérience, de soutien mutuel, une meilleure utilisation des ressources locales et une synergie des forces. La concertation, parce qu’elle ouvre les portes des institutions médicales aux autres secteurs d’activité, parce qu’elle les implique dans l’analyse des problèmes de santé, dans la fixation des priorités, dan la mise en place des activités, dans la répartition des tâches à accomplir, dans l’évaluation des programmes, constitue en milieu urbain africain une véritable stratégie de participation communautaire. Et parce que les principaux concernés seront suffisamment impliqués dans la gestion des programmes de santé, ont peut croire que la santé de la communauté sera améliorée. Même si la concertation présente des avantages incontestables (éviter la dispersion des énergies, rendre les actions plus efficaces, les objectifs d’actions connus de tous, se connaître mutuellement pour mieux se soutenir, donner des réponses rapides aux problèmes, etc.), nous ne devons pas oublier que c’est au niveau local (quartier) qu’elle a le plus de chances de réussite, là où les intérêts des différents acteurs sont proches et où la communauté se reconnaît elle-même dans sa réalité socio-économique et politiques. l’autre condition évoquée par E. Servais, c’est la mise en place d’une structure permanente de concertation : « Le souhait et la volonté de coordonner ne doivent pas rester des déclarations d’intension, mais se cristalliser dans une structure. » E. Servais (1988, p. 75). Cette condition est d’autant plus important dans le contexte urbain en Afrique, où la plupart des associations de quartier ne répondent que partiellement aux conditions énoncées par C. Quiviger et R. Schneider (p. 19) de cette recherche, rendant le travail de coordination difficile sinon impossible. nous proposons ci-dessous un schéma complet de concertation établi par E. Servais (1988, p.76) et adapté à notre travail en milieu urbain africain