Relation entre pédagogie – autonomie et reproduction de la violence: Discussion autour des apports éventuels de la "pédagogie blanche".
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- Face à la “pédagogie noire”, soit un ensemble de pratiques éducatives potentiellement traumatisant comme la coercition, la manipulation, la séduction, etc., Alice Miller et d’autres auteurs proposent une alternative à ce mode d’éducation, la “pédagogie blanche”. Cette pédagogie blanche tend à regrouper les pratiques éducatives basées sur le respect du rythme de l’enfant, de son intégrité physique et de son intégrité psychique afin qu’il puisse se développer au mieux. Alors que certains affirment que les mécanismes psychiques qui mèneraient à cette pédagogie noire sont le plus souvent inconscients et reproduits de génération en génération, ce travail se propose d’analyser l’apport de la pédagogie blanche comme une pratique qui permettrait de dépasser la propension inconsciente de l’éducateur à imposer une éducation violente et inadéquate sous couvert d’éducation. La discussion dans ce travail portera sur les effets bénéfiques potentiels de la pédagogie blanche sur la limitation de la reproduction de la violence et l’autonomisation des individus. Pour avancer dans cette réflexion, la méthode retenue a été une revue critique de la littérature accompagnée d’observations et de réflexions de l’étudiant. Le parcours des idées de la pédagogie blanche est retracé dans les expériences et théories de l’”éducation nouvelle” du 20ème siècle comme celle de Summerhill de A.S. Neil, celle de A. Aichhorn, etc. Ainsi que celles de thérapeutes et d’éducateurs comme F. Dolto, J. Korzack, E. von Braünmhul, S. Freud bien sûr, etc. Nous verrons dans ce travail que les conclusions dépendent fort de la définition que l’on donne aux notions abordées. L’autonomie se décline effectivement en plusieurs catégories (autonomie subjective, concurrentielle, sociétale, etc.). La reproduction de la violence, quant à elle, peut être aussi vue comme une reproduction de fragilités dû à des traumas plus ou moins graves plutôt que comme un fait dû à l’identification à l’agresseur. L’identification à l’agresseur est, en effet, considérée par les psychanalystes comme le mécanisme psychique le plus important qui mènerait à la reproduction intergénérationnelle de la violence. L’idée des auteurs comme A. Miller est dès lors de savoir si un tuteur de développement (ou tuteur de résilience ou avocat inconditionnel de l’enfant) peut aider un individu à changer de modèle identificatoire pour laisser tomber le modèle (empreint de pédagogie noire) opérant jusqu’alors et censé apporter un soutien dans le développement de l’enfant. Bien que la pédagogie blanche pourrait effectivement apporter une nuance dans l’approche autoritaire et coercitive de la pédagogie noire, celle-ci ne constitue a priori pas non plus un remède miracle et ne pourrait pas à elle seule garantir la prise d’autonomie des individus et la limitation de la violence dans l’aventure éducative