Apports de la ventilation mécanique non-invasive dans le traitement par radiothérapie des tumeurs thoraciques et abdominales supérieures
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- Introduction. La radiothérapie fait partie des traitements des tumeurs thoraciques et abdominales supérieures. Dans ces régions, le mouvement respiratoire induit une incertitude importante qu’il faut prendre en compte afin d’optimaliser le contrôle tumoral et d’éviter l’irradiation inutile des tissus sains adjacents. Différentes stratégies de prise en charge de ce mouvement existent. Une nouvelle stratégie a été décrite en 2016 : la mise sous ventilation mécanique non-invasive (VMNI) de patients non-sédatés. Elle tend à rendre plus reproductible le mouvement respiratoire en termes de fréquence et d’amplitude. Méthodologie. Douze sujets sains âgés de 26 à 60 ans, sans comorbidités particulières, ont été enrôlés dans l’étude. Trois modes de VMNI ont été expérimentés : le volume control (VC) basé sur des paramètres physiologiques, le mode superficiel (shallow – SH) avec une fréquence respiratoire (FR) de 30 cycles par minute et un volume courant (Vt) diminué, et le mode lent (slow – SL) avec une FR de 3 cycles par minutes et ainsi un plateau inspiratoire. Le mouvement respiratoire résultant de ces trois modes a ensuite été observé, en surface par une imagerie à détection optique, et en interne par IRM. Nous avons ainsi observé et comparé les amplitudes moyennes, leur variabilité intra- et inter-fraction, la différence de position moyenne au cours du temps (baseline shift - BS) intra- et inter-fraction, les FR et leur variabilité intra- et inter-fraction. Nous avons observé l’existence d’une éventuelle corrélation entre le mouvement observé en surface et celui observé en interne. La tolérance a également été évaluée de manière objective (FC, SpO2, etCO2) et subjective. Résultats. En RMN, la reproductibilité intra- et inter-fraction de la FR était améliorée en VC et en SH, en comparaison à la respiration spontanée (Sp). En SH, l’amplitude moyenne était diminuée, et la variabilité en intra-fraction de celle-ci ainsi que le BS étaient également améliorés par rapport au VC et à Sp. Une diminution de la variabilité en inter-fraction a été observée en amplitude et en BS, tant en VC qu’en SH par rapport à Sp. En surface, tant l’amplitude moyenne que sa variabilité étaient diminuées en SH par rapport au VC. Le BS était également amélioré en SH par comparaison au VC. En SL, le shift médian (basé sur les positions moyennes des plateaux inspiratoires) était de 2,83 mm en surface, et de 10,13 mm en IRM. Les résultats concernant l’existence d’une éventuelle corrélation entre le mouvement en surface et le mouvement interne sont discordants. Aucune corrélation modérée ou forte n’a pu être établie en comparant les mouvements de surface avec les mouvements observés lors de la première IRM. On ne trouve une corrélation forte (r > 0,5) qu’entre le mouvement de surface et le mouvement interne en coupes coronales en SH, lors de la seconde IRM. Conclusion. La VMNI est une technique réalisable. L’augmentation de reproductibilité de fréquence respiratoire et d’amplitude respiratoire, ainsi que la diminution de variabilité de position moyenne dans certains modes pourraient permettre une réduction des volumes d’irradiation, et ainsi une diminution d’irradiation des tissus sains.