Qu'est-ce qui sous-tend l'épilation des jeunes femmes au sein de la société belge actuelle ? Pratiques et représentations de la pilosité et son épilation.
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- Ce mémoire a pour vocation d’éclairer les raisons qui sous-tendent le comportement épilatoire des femmes de 18 à 30 ans, dans la société belge. Partant de l’hypothèse qu’une norme pousse les femmes à s’épiler, il s’agit ici de vérifier son existence et d’en distinguer sa nature, à travers l’analyse des dires de onze jeunes femmes. Une première partie de ce travail s’intéresse à la pilosité en tant que telle et à la pratique épilatoire qui en découle. Y a été établi que le poil a plus une fonction symbolique qu’utilitaire de nos jours. Il devient un outil à disposition de l’individu. Ainsi, le comportement épilatoire variera en fonction de comment il se représente la pilosité. Dans cette recherche, est ressorti que le poil est évoqué dans des termes presque exclusivement négatifs. Le poil n’est plus le bienvenu sur le corps de la femme. Il est d’autant plus facile à supprimer que de nombreux outils sont mis à disposition pour le faire disparaitre. La seconde moitié de ce mémoire cherche à comprendre comment cette vision de la pilosité s’est construite et donc pourquoi les femmes se l’ôtent. En ce qui concerne les femmes interrogées dans cette étude, l’on constate indubitablement une influence de la société. Les messages véhiculés par les médias laissent entendre que la femme doit être glabre pour être féminine, séduisante, belle, etc. Le comportement épilatoire relève d’une norme d’apparence. Toute personne n’adhérant pas à la pratique épilatoire se risquerait de recevoir des regards réprobateurs. Le second chapitre de cette partie s’intéresse au comportement épilatoire dans le cadre privé ; au niveau de la sexualité et de la relation de couple. On y constate que les codes pornographies influencent la manière dont les participantes de l’étude, conçoivent la sexualité et la séduction. Aussi, l’épilation féminine au sein du couple est, elle, appréciable, mais pas décisive. L’influence du partenaire, sexuelle comme relationnel, est beaucoup plus mesurée. Un changement de comportement serait plutôt à interpréter comme une envie de faire plaisir. Enfin, c’est l’épilation comme pratique personnelle qui a été interrogée. La recherche révèle qu’il est difficile de juger dans quelle proportion ce comportement relève d’un choix propre à soi, en dehors de toute influence. Il est certain qu’aucune participante à l’étude ne s’épile uniquement pour elle-même.