La déshumanisation criminelle et le processus d’attribution de peine : l’influence de la déshumanisation criminelle sur nos motivations à punir en lien avec nos représentations des justices rétributive, dissuasive et réparatrice.
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- Ces dernières années, la littérature scientifique s’est principalement centrée sur l’influence de la déshumanisation au niveau des décisions juridiques et de la sévérité des punitions et moins sur les motivations à punir. Ce mémoire de type quantitatif a dès lors pour objectif de déterminer si la déshumanisation mécanique versus animale influence nos motivations à punir l’auteur d’une infraction en lien avec la façon dont sont perçues les différentes formes de justice, à savoir la justice rétributive, la justice dissuasive et la justice réparatrice. En effet, Hetey et Eberhardt (2014) ont observé que le fait de déshumaniser un criminel de façon animale allait de pair avec la déshumanisation mécanique des officiers de police. Les participants considéraient que des agents froids, détachés et sans émotions étaient plus efficaces dans la gestion des criminels apparentés à des animaux. L’intérêt ici est donc d’examiner si une telle relation existe à l’échelle de la justice et des motivations à punir. La tristesse et les émotions d’outrage moral (la colère, le dégoût et le mépris) relevées par Bastian et al. (2013) constituent une seconde variable d’intérêt. Un premier prétest permet donc d’examiner si les types de justice évoquent des représentations spécifiques en termes de déshumanisation. Est-ce que la justice rétributive est davantage perçue comme primitive, mécanique ou humaine ? Et qu’en est-il de la justice dissuasive et réparatrice ? Laquelle des trois est perçue comme la plus mécanique, primitive ou humaine ? La seconde étude vise à déterminer si la forme de déshumanisation a un impact sur nos motivations à punir, c’est-à-dire le type de justice privilégié. Elle s’intéresse également au rôle des émotions d’outrage moral et de la tristesse. Les résultats démontrent que peu importe la forme de déshumanisation, les individus présentent des motivations à punir rétributives et dissuasives. Concernant les émotions d’outrage moral et la tristesse, le fait de ressentir de telles émotions n’est pas impacté par la déshumanisation, quelle qu’en soit la forme. En outre, plus un individu éprouve ces émotions, plus il présentera des motivations à punir dissuasives et rétributives.
Citations
Leclercq, L. (2018). La déshumanisation criminelle et le processus d’attribution de peine : l’influence de la déshumanisation criminelle sur nos motivations à punir en lien avec nos représentations des justices rétributive, dissuasive et réparatrice. https://dial-mem.test.bib.ucl.ac.be/handle/2078.2/20212