La discrimination envers les personnes handicapées sur le marché du travail belge : une analyse empirique
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- Ce mémoire s’interroge et analyse comment les stéréotypes négatifs envers les personnes handicapées influencent leur intégration sur le marché du travail en Belgique. Ceci constitue un sujet crucial pour améliorer leur qualité de vie. En effet, la participation au marché du travail est essentielle pour lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale. En 2023, l’écart de taux d’emploi entre personnes handicapées et valides est de 33 points de pourcentage en Belgique (Eurostat, 2024). Dans la même année, au sein de l'Union Européenne, près de 28,8 % des personnes handicapées en âge de travailler risquaient de vivre dans la pauvreté, par rapport à 18 % pour les personnes valides (European Parliament & Grammenos, 2024). Le mémoire adopte une perspective économique de la discrimination en utilisant la théorie de Coate et Loury (1993). Cette dernière met en lumière un mécanisme de prophétie auto-réalisatrice, où la discrimination des employeurs incite les personnes discriminées à développer des comportements contre-productifs, renforçant ainsi les stéréotypes. L'étude s’appuie sur les données du projet « Health Interview Survey » de Sciensano sur les années 2001, 2004, 2008, 2013, et 2018. Le travail est structuré en plusieurs sections : l’état de l’art qui présente le contexte discriminatoire, la méthodologie, les résultats, une discussion interprétant les résultats, et enfin, une conclusion. La méthodologie repose sur la modélisation de sept variables, sélectionnées selon la théorie de Coate et Loury (1993). Des modèles probits ordonnés sont utilisés, divergeant des approches descriptives couramment appliquées par l'Union Européenne. Les résultats révèlent que la discrimination est présente, mais à des niveaux qui ne semblent pas suffisants pour inciter les personnes handicapées à adopter des comportements contre-productifs. En effet, pour les individus ayant des restrictions de la mobilité et des limitations dans leurs activités, l’obtention d’un emploi est significativement affectée, suggérant une forme de discrimination. Ceux atteints de maladies chroniques semblent non affectés. Cela pourrait être attribué à leur condition moins visible. Bien que les modélisations suggèrent qu’aucun comportement contre-productif ne soit induit par la discrimination, les personnes limitées ont généralement un niveau d’étude plus bas, diminuant leur productivité. Ce constat résulte plus probablement d’un enseignement non accessible, dont les difficultés sont néanmoins surmontées par les deux autres groupes, que de la présence de discrimination. En fin d’études, les limitations sont également discutées. Elles incluent les défis liés à l'analyse des comportements contre-productifs et l'intersectionnalité des discriminations. Une attention est également donnée à l'évolution du marché du travail durant la pandémie de COVID-19, qui pourrait avoir des conséquences additionnelles sur les personnes handicapées. En conclusion, bien que la discrimination soit présente, ses effets ne semblent pas suffisamment importants pour influencer le comportement des personnes handicapées, ce qui peut être en partie attribué aux mesures de soutien mises en place en Belgique.
Citations
Ramon, L. (2025). La discrimination envers les personnes handicapées sur le marché du travail belge : une analyse empirique.