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L'allocation universelle: une proposition postmoderniste ?

(2020)

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Depuis quelques années se multiplient les appels au basculement d’un régime de protection sociale fondé sur une logique assurantielle (sur base du travail) et familialiste, vers un système d’allocation universelle fondé sur des droits individualisés déconnectés de toute conditionnalité. Ces appels émanent de philosophes, de sociologues, d’économistes, de politiciens d’horizons très divers. Dans le cadre de cette recherche, nous posons la question de savoir ce qui fonde le soutien à un tel dispositif. Les débats actuels sur le principe de l’allocation universelle se tiennent principalement sur des thèmes tels que les conséquences de son instauration, les différents objectifs qu’elle pourrait recouvrir ou les modes de financement envisageables. Bien que très importants pour lire le soutien à l’allocation universelle, ces questionnements sont à notre sens subséquents à une première interrogation : le principe de l’allocation universelle est-il juste ? Nous nous proposons donc de chercher une grille de lecture permettant de décoder ce positionnement. Notre analyse des différentes justifications mises en avant par les promoteurs de l’allocation universelle tend à montrer qu’il ne s’agit ni d’une classique opposition gauche/droite, ni de l’apanage d’un courant philosophique particulier. Sur cette base, nous émettons l’hypothèse que c’est la conception du travail, de sa centralité et de ses valeurs, qui est source du soutien ou de l’opposition au principe de l’allocation universelle. Afin de tester cette hypothèse, nous avons mis en place un dispositif de recherche basé sur le clivage Traditionalisme-Postmodernisme théorisé par Ronald Inglehart. Nous formulons la sous-hypothèse que les organisations de la société civile identifiées comme postmodernistes sont plus enclines à soutenir le principe de l’allocation universelle, là où les organisations traditionalistes auront plutôt tendance à s’y opposer. Nous terminons par une analyse critique des résultats de notre recherche et par la formulation de pistes d’analyse complémentaires et d’actions susceptibles de faire avancer le débat sur l’opportunité d’instaurer une allocation universelle.