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Métabolisme de l'antimoine

(1989)

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Nous avons tenté dans ce travail de préciser certains aspects du métabolisme de l’antimoine. Comme l’arsenic et l’antimoine ont des propriétés physicochimiques assez semblables et que l’antimoine se montre capable d’inhiber in vitro la méthylation hépatique de l’arsenic, nous avons tenté de déterminer si l’antimoine pouvait être biotransformé de la même manière que l’arsenic, c’est-à-dire en subissant des réactions de méthylation. Les études que nous avons réalisées tant chez l’homme que chez l’animal montrent qu’il est très peu probable que des formes méthylées de l’antimoine soient excrétées dans l’urine. En effet deux approches tendant à mettre en évidence des formes méthylées de l’antimoine se sont révélées négatives : - la séparation de dérivés antimoniés volatiles après traitement par NaBH4 - la différenciation des dérivés sur base de leur résistance à la minéralisation. Les études relatives à la distribution et l’excrétion de l’antimoine chez le rat ont démontré qu’après administration intrapéritonéale d’une dose unique d’antimoine inorganique trivalent, plus de la moitié de la dose est excrétée en 4 jours : l’excrétion se fait principalement par voie fécale, un cinquième de l’élimination se fait par voie urinaire. Après ce laps de temps, une partie de l’antimoine administré se retrouve dans le sang (6%) et le foie (1%). Si l’administration d’antimoine se fait par voie intraveineuse, l’excrétion globale en 4 jours est un peu moindre qu’après une administration intrapéritonéale (± 44%) et les quantités excrétées par les voies urinaire et fécale sont plus ou moins égales. L’excrétion biliaire d’antimoine commence très tôt après l’administration de l’élément ; celui-ci subit un cycle entérohépathique, en effet chez un rat auquel on administre par voie intraduodénale la bile d’un rat traité par de l’antimoine, une partie de l’élément est retrouvée dans les reins. L’importance du glutathion dans l’excrétion biliaire de l’antimoine a été vérifiée en modifiant le taux de glutathion hépatique chez des animaux traités par une dose de l’élément. Ces tests tendent à démontrer que tout comme l’arsenic l’antimoine est excrété dans la bile sous forme de conjugué avec le glutathion. Les études par chromatographie sur papier ne nous permettent pas d’affirmer avec certitude que dans la bile l’antimoine est conjugué au glutathion ; mais les résultats ne vont pas à l’encontre de cette hypothèse. Il semble cependant que l’antimoine ne soit pas conjugué à la cystéine. Chez le rat il existe une relation linéaire entre la quantité d’antimoine excrétée par les voies urinaire et fécale et la dose administrée (administration unique, voie intrapéritonéale), du moins dans l’intervalle de concentration étudié (0 à 800 µg/Sb/Kg). Chez des sujets professionnellement exposés à l’antimoine l’excrétion urinaire de l’élément est un reflet de l’intensité de l’exposition récente évaluée par des dosages atmosphériques aux postes de travail. Nos observations permettent de conclure qu’à une exposition par inhalation de 500 µg Sb/m³ (concentration maximale admissible actuellement en milieu industriel), correspond une augmentation de l’excrétion urinaire moyenne de 35 µg Sb/g de créatinine