Etude du pronostic et des complications à long terme d’une chirurgie de remplacement valvulaire aortique par prothèse biologique ou mécanique.
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- Résumé: Objectifs Le but premier de cette étude est un contrôle de qualité : analyser la mortalité, la survie et les complications à long terme d’un remplacement valvulaire aortique (RVAO) par une prothèse biologique ou mécanique. Le second objectif est de comparer les résultats obtenus entre ces deux groupes et de les confronter aux données de la littérature médicale et aux scores de risque. Le dernier objectif est de répertorier les éléments qui prédisent le décès durant le suivi. Matériel et Méthodes Cette étude s’est construite en collaboration avec six étudiants. Il s’agit d’une cohorte rétrospective s’étendant sur vingt années consécutives de 1993 à 2013 et comportant 2228 patients opérés au centre hospitalier universitaire de Godinne (Yvoir) Ces 2228 patients ont une moyenne d’âge de 71,23 ans. Ils ont bénéficié d’une chirurgie de remplacement valvulaire aortique par prothèse biologique (1327 patients) ou mécanique (892 patients). Trois scores de mortalité seront utilisés pour faire office de comparaison avec cette étude : EuroSCORE I, EuroSCORE II et le STS Adult Cardiac Surgery Risk Calculator. Les modèles de régression de Cox sont utilisés pour déterminer les éléments qui prédisent le décès. Résultats Le taux de mortalité global s’élève à 6,4% (7,8% pour les prothèses biologiques et 4,4% pour les prothèses mécaniques). La survie globale estimée à 5 et 10 ans par courbes KM est à 75% et 52% respectivement. Pour les prothèses biologiques, la survie à 5 et 10 ans est à 67% et 35%. Pour les prothèses mécaniques, la survie est à 85% et 68%. Les complications à long terme des prothèses biologiques sur une durée de suivi moyenne de 3,05 années sont les suivantes : 39 AVC (2,9%), 25 événements hémorragiques (1,9%), 17 dysfonctions valvulaires (1,3%), 18 endocardites (1,4%), 18 revascularisations par PCI (1,4%), 11 reprises de plaie sternale (0,8%), 8 infarctus du myocarde (0,6%) et 6 revascularisations par PAC (0,5%). Les complications à long terme des prothèses mécaniques sur une durée de suivi moyenne de 5,93 années sont les suivantes : 63 événements hémorragiques (7,1%), 54 AVC (6,1%), 22 revascularisations par PCI (2,5%), 17 dysfonctions valvulaires (1,9%), 15 infarctus du myocarde (1,7%), 12 revascularisations par PAC (1,3%), 11 reprises de plaie sternale (1,2%) et 4 endocardites (0,4%). Les éléments ayant une influence significative (IC=95%) sur le décès durant le suivi sont les suivants : la BPCO (OR=1,5), le diabète (OR=1,48), le type opératoire : électif, urgent, émergent, sauvetage (OR=1,37), la prothèse biologique (OR=1,34) et la dyspnée NYHA (OR = 1,14). Conclusions Le taux de mortalité observé est compris entre les valeurs prédites de l’EuroSCORE I et de l’EuroSCORE II. Les taux de mortalité et de survie sont moins bons dans le groupe des prothèses biologiques que dans le groupe des prothèses mécaniques. Le taux de complications et la survie à long terme observés dans notre étude sont superposables à ceux obtenus dans la littérature. Les prothèses mécaniques présentent plus d’accidents hémorragiques (AVC, saignements) tandis que les prothèses biologiques présentent plus d’endocardites. La BPCO, le diabète, le type opératoire, la prothèse biologique et la dyspnée augmentent la probabilité de décès à long terme.