L’héritage traumatique de la dictature en Argentine (1976-1983) : une étude qualitative auprès de jeunes argentins
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- Ce mémoire, de type qualitatif, s’intéresse aux discours des jeunes argentins à propos de la dictature argentine (1976-1983). L’objectif est de percevoir, à travers leurs discours, comment cette dictature affecte les jeunes. Pour ce faire, cinq entretiens ont été réalisés avec des Argentins d’une vingtaine d’années de la ville de Plottier en Argentine. Dans les entretiens, les jeunes s’expriment librement sur le vécu de leur famille pendant la dictature et sur leur propre rapport à la dictature. Les résultats de cette recherche montrent que les jeunes interrogés sont porteurs d’un héritage traumatique. Leurs discours révèlent différentes caractéristiques similaires à celles retrouvées dans les discours des descendants des survivants de violences extrêmes et donc de descendants porteurs d’un héritage traumatique. Premièrement, les jeunes semblent avoir des difficultés à trouver des mots pour parler de l’horreur. Deuxièmement, le discours des jeunes laisse entendre qu’ils sont porteurs d’un poids, d’un fardeau car ils ne peuvent pas soulager la souffrance endurée par les victimes de violence extrême pendant la dictature. Troisièmement, la façon de parler des jeunes montre une quête de sens infinie et un besoin de s’informer sur le sujet. Quatrièmement, le discours des jeunes laisse transparaitre un rôle de transmission qu’ils endossent. Ce rôle de transmission permet de dénoncer ce qui a été réduit à néant pendant la dictature. Dans cette recherche, le caractère traumatique de l’héritage que portent les jeunes argentins est discuté et qualifié de secondaire. De plus, les discours des jeunes montrent que l’héritage traumatique ne leur est pas seulement transmis par la famille, mais aussi par la société. Une analyse des discours et silences sociétaux tente de montrer la possibilité d’une transmission traumatique par la filière sociale. Les mémoires collectives et les deuils collectifs ont un impact sur le rapport des jeunes à la dictature. Dernièrement, ce mémoire tente de montrer le recul que prennent les jeunes face à l’héritage traumatique qu’ils portent et le rôle de l’école dans cette élaboration.