Risque volcanique et agriculture : description de la vulnérabilité des exploitations agricoles soumises à des retombées de téphra
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- Environs 14 % de la population mondiale est exposée au risque volcanique, un chiffre qui devrait augmenter dans les années à venir en raison de l'urbanisation croissante et de l'augmentation de la population. La plupart des régions à proximité des volcans sont densément peuplées, notamment en raison de la fertilité des sols formés sur les matériaux volcaniques, principalement les dépôts de téphra. Bien que l'activité volcanique puisse bénéficier à l'agriculture en fournissant des sols fertiles, elle peut également entraîner des pertes, pour le secteur agricole, lors d'éruptions. Les pratiques agricoles, qu'il s'agisse de cultures ou d'élevage, présentent des vulnérabilités propres à leurs caractéristiques spécifiques. Les risques pour les exploitations sont évalués en considérant qu’ils sont le résultat de la combinaison d’un danger, d’une exposition et d’une vulnérabilité. Alors que les deux premiers termes sont généralement bien documentés, la vulnérabilité reste encore mal comprise. La plupart des études qui quantifient la vulnérabilité se concentrent principalement sur des éléments des exploitations agricoles pris indépendamment les uns des autres. Néanmoins, il est essentiel de considérer une exploitation agricole comme un système intégrant des interactions entre ses différents composants. Dans cette étude, ces interactions entre les éléments d’une exploitation agricole ont été identifiées en utilisant les flux de matière comme moyen d'analyse. L'objectif principal de cette recherche est décrire de manière semi-quantitative la vulnérabilité des exploitations agricoles face aux retombées de téphra. Les objectifs spécifiques sont : (i) Caractériser le fonctionnement global, la structure et les performances agroécologiques des exploitations agricoles en période hors éruption. (ii) Évaluer la situation économique des exploitations agricoles en période hors éruption et en période éruptive, en tenant compte de la temporalité de l'événement volcanique pour identifier les pertes économiques des différentes activités agricoles du système. (iii) Évaluer la vulnérabilité des éléments non mesurables sur le plan économique, en plus de ceux mesurables, en tenant compte de divers scénarios éruptifs et de la période d'éruption. La région choisie pour cette étude est la région de Guamote, en Équateur, principalement affectée par l’activité du volcan Sangay. Pour atteindre ces objectifs, la conduite agricole générale de l’exploitation étudiée a été caractérisée selon divers indicateurs de structure, de fonctionnement et de performance agroécologique. Sa vulnérabilité a été évaluée à la fois sur le plan économique et à travers des flux de matière, afin de saisir la complexité d’une exploitation agricole envisagée comme un système. Cela implique une estimation de pertes pour chaque mois de l’année, afin de tenir compte de la temporalité de l’éruption, suite à des dépôts de téphra de cinq et cinquante millimètres d’épaisseur, représentant deux niveaux d’intensité éruptive. Les résultats obtenus soulignent l'importance de traiter les exploitations agricoles dans leur globalité en tant que systèmes, et de prendre en considération la dimension temporelle des éruptions lors de l'analyse. Les pertes ne se restreignent pas à un élément spécifique de l'exploitation : la perte d'un élément d'un sous-système peut avoir un impact significatif sur d'autres composantes du système lorsqu'ils sont interdépendants. L'approche adoptée dans cette étude, qui considère l’exploitation agricole comme un système, offre de nouvelles perspectives pour mieux décrire et comprendre la vulnérabilité des exploitations agricoles face aux retombées de téphra.