Les ressources florales des Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates sont-elles un cadeau empoisonné à la clothianidine pour les pollinisateurs ?
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- Les Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates (CIPAN) sont devenues obligatoires dans les zones présentant un risque de lixiviation de l’azote afin de limiter la pollution des eaux de surface et souterraines. Les espèces utilisées, souvent mellifères, constituent des ressources florales accessibles pour les pollinisateurs en automne lorsque celles-ci se font rares. Mais les CIPAN sont également une voie de contamination quand elles sont installées après une culture principale traitée avec des insecticides. La clothianidine, substance active de la famille des néonicotinoïdes, qui est utilisée en enrobage de semences a une action systémique et se retrouve dans le pollen et le nectar des fleurs, les rendant toxiques pour les insectes herbivores. Elle pourrait également avoir des effets létaux et sublétaux sur les pollinisateurs. C’est d’ailleurs une des causes étudiées pour expliquer le déclin des pollinisateurs observé ces dernières décennies. L’objectif de cette étude menée en champs et en chambre de culture est de confirmer les résultats de Thomas Boumal et de découvrir si, suite à l’utilisation de semences de betteraves sucrières enrobées de clothianidine, des résidus sont retrouvés dans les sols et s’accumulent dans les parties végétatives et reproductives de 3 espèces de CIPAN; la moutarde blanche (Sinapis alba), la phacélie (Phacelia tanacetifolia) et la féverole (Vicia faba), dans la culture en cours de pommes de terre (Solanum tuberosum) ainsi que dans le corps des insectes pollinisateurs. Les résultats obtenus en chambre de culture, après 12 semaines de culture, permettent de confirmer le potentiel d’accumulation de la clothianidine avec des résidus présents dans les sols qui sont transférés dans les feuilles, les fleurs et le pollen des 3 espèces de CIPAN étudiées. Des traces de clothianidine sont également présentes dans le sol, les tiges, les fruits, les fleurs et le pollen des 3 espèces de CIPAN trois ans après la culture de betteraves sucrières. La clothianidine est aussi présente dans le sol et s’accumule dans les feuilles et les fleurs de la culture de pommes de terre. Bien qu’aucune trace de clothianidine n’ait été détectée dans le corps des abeilles prélevées lors de leur butinage, les concentrations détectées dans le pollen mettent les pollinisateurs en danger. Différentes alternatives à cette molécule sont discutées en fin de travail.