Écologie évolutive des associations multispécifiques - Comparaison interspécifique des budgets temporels comportementaux
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- Les associations interspécifiques sont un regroupement d’individus d’espèces différentes montrant des exigences écologiques similaires. Ces associations sont souvent observées parmi différents clades et se forment sous la décision des individus de se regrouper afin de bénéficier de différentes stratégies augmentant leur fitness individuel. Ces bénéfices se divisent en deux catégories : les bénéfices sécuritaires et alimentaires. Le bénéfice sécuritaire suit l’hypothèse principale des regards multiples (Pulliam, 1973), selon laquelle, plus il y a de regards disponibles, moins les individus perdent de temps à être vigilant tout en gardant l’avantage du repérage des prédateurs. Le bénéfice alimentaire est principalement dû au fait que plus il y a d’espèces différentes associées, moins celles-ci risquent d’entrer en compétition pour les ressources disponibles. Car, les espèces ayant des différences physiques, auront, malgré un régime alimentaire similaire, une méthode de capture différente, évitant de chercher les mêmes ressources. Ces deux bénéfices visent à limiter les coûts principaux des associations, soit la compétition, et la détection par les prédateurs. Cette étude, faite sur les limicoles, n’a pas permis d’affirmer ces deux hypothèses de manière catégorique, mais elle a fourni des éléments intéressants. Il a pu être mis en avant l’avantage de certaines méthodes de capture sur la sécurité des individus et l’avantage qu’elles offrent sur le temps d’alimentation. En effet, certaines espèces semblent bénéficier de plus de temps d’alimentation sans devoir augmenter leurs temps de surveillance des prédateurs. De plus, cette étude a permis d’observer l’impact de la diversité spécifique et de l’effectif des associations sur le bénéfice sécuritaire, mais celui-ci s’est avéré inverse. Ainsi, la diversité influence positivement la vigilance individuelle. Il n’a pas été possible de prouver de liens entre les associations interspécifiques et le bénéfice alimentaire. En s’intéressant aux Bécasseaux variable et Bécasseaux minute, il a pu être vu la différence comportementale concernant la vigilance soulignant des stratégies spécifiques propres à chaque espèce. Cependant, il n’a pas pu être mis en avant d’autres différences comportementales. Dans l’ensemble, cette étude ouvre des perspectives intéressantes pour approfondir la compréhension des interactions conduisant aux associations interspécifiques. Des recherches futures, intégrant des analyses longitudinales et une prise en compte élargie des paramètres abiotiques et comportementaux, permettraient de mieux saisir les dynamiques éco-évolutives des limicoles dans leurs habitats changeants. Interspecific associations refer to the grouping of individuals from different species that share similar ecological requirements. These associations are often observed among various clades and are formed through the decision of individuals to group together in order to benefit from strategies that enhance their individual fitness. These benefits can be categorized into two main types: safety and foraging advantages. The safety benefit aligns with the “many eyes hypothesis” (Pulliam, 1973), which suggests that the more eyes available, the less time individuals need to spend being vigilant while still maintaining the advantage of predator detection. The foraging benefit arises primarily from the reduced competition for available resources among associated species. Differences in physical traits allow species, even with similar diets, to employ distinct foraging methods, thereby reducing overlap in resource use. These benefits aim to mitigate the primary costs of associations, such as competition and increased detectability by predators. This study, conducted on shorebirds, did not provide definitive support for these two hypotheses but yielded valuable insights. It highlighted the advantage of certain foraging methods in enhancing individual safety and the time allocated for feeding. Indeed, some species seem to benefit from increased feeding time without needing to heighten their vigilance against predators. Furthermore, the study examined the impact of species diversity and group size on safety benefits, revealing an inverse relationship: higher diversity positively influenced individual vigilance. However, no clear link was found between interspecific associations and foraging benefits. Focusing on Dunlins and Little Stints, the study revealed behavioral differences in vigilance, suggesting species-specific strategies. Nevertheless, no other significant behavioral differences were observed. Overall, this study opens up promising avenues for deepening the understanding of interactions leading to interspecific associations. Future research incorporating longitudinal analyses and broader consideration of abiotic and behavioral parameters would help elucidate the eco-evolutionary dynamics of shorebirds in their changing habitats.