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Effets de l'ingestion de microplastiques sur l'immunité innée des larves de poissons zèbres (Danio rerio)

(2021)

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Les microplastiques, omniprésents dans l’environnement, représentent aujourd’hui une menace pour les écosystèmes aquatiques. Ils sont dérivés de la dégradation des plastiques présents dans l’environnement (MPs secondaire) et dérivés des activités anthropiques (MPs primaires). Ils contaminent essentiellement les milieux marins et d’eau douce. Ils sont ingérés et s’accumulent dans le tractus gastro-intestinal des organismes. En fonction de leur taille, ils sont capables de rejoindre la circulation sanguine et de s’accumuler dans d’autres organes. De nombreuses études ont mis en évidence la toxicité des microplastiques pour les organismes. Certaines études ont montrés que les microplastiques avaient la capacité de provoquer la présence de lésions dans les tissus, de modifier l’expression des gènes de l’immunité et d’induire une dysbiose du microbiote intestinal. L’objectif de cette étude était de montrer les effets des microplastiques sur l’immunité innée des larves de poissons zèbres. Pour ça, les larves ont été exposées avant l’ouverture de la bouche (J0-J4 dpf) et après l’ouverture de la bouche (J0-J8 dpf et J4-J8 dpf) à des concentrations de 100 µg/L et 1000 µg/L de microplastiques de polystyrène (5 µm). Un challenge bactérien a également été réalisé au huitième jour de l’exposition, afin de mesurer l’effet des microplastiques sur la réponse des organismes face à un pathogène. L’analyse des résultats a mis en évidence une influence de l’exposition des microplastiques sur l’immunité des larves. Une inhibition des gènes de l’immunité innée testés a été observée (il1b, lyso mpo, cox2, et nfkb). Une modification de la réponse des organismes face au stress bactérien a également été mise en évidence par une augmentation de l’expression des gènes chez les larves exposées aux microplastiques (lyso, il1, il6, nfkb et tlr4). Ensuite, une modification de l’expression de gènes liés à la mise en place du microbiote a été démontrée. Une augmentation de l’expression des gènes fiaf, cpt1a et pcna a été observée. Des changements qui pourraient induire le développement d’une dysbiose chez les organismes et donc expliquer les changements d’expression des gènes observés. Une analyse des gènes du métabolisme après le challenge bactérien a également montré une augmentation de l’expression de ceux-ci (fasn, sod, gfap, cat, bcl 2 et igf2.). Ces résultats montrent donc que l’exposition des larves aux microplastiques entraine un changement de la réponse immunitaire innée des organismes et de la réponse face au stress bactérien. Des changements qui vont essentiellement toucher les organismes exposés à partir de 4 dpf.