Patientes diagnostiquées d’une puberté précoce centrale idiopathique traitées par aGnRH : Évolution à long terme
Files
VandeVelde_Maxim_47571600_2018-2019.pdf
UCLouvain restricted access - Adobe PDF
- 1.21 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- OBJECTIF L’objectif du présent travail est de décrire la situation et l’évolution à long terme des patientes pour lesquelles a été diagnostiquée une puberté précoce centrale idiopathique (PPCI) et qui ont été traitées par des analogues de l’hormone de libération des gonadotrophines (aGnRH). Les éléments suivants retiendront particulièrement l’attention : la croissance, l’obésité et le métabolisme, la fonction gonadique et la fertilité, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), la densité minérale osseuse (DMO) et la situation psychosociale. MATÉRIEL ET MÉTHODES Une étude combinée rétro- et prospective, monocentrique a été réalisée au sein des Cliniques Universitaires Saint-Luc entre 2016-2017. Les données concernant 19 femmes diagnostiquées d’une PPCI entre 1985-2005 et traitées par un aGnRH, âgées actuellement de plus de 18 ans ont été incluses. Le dossier d’endocrinologie pédiatrique de chaque patiente a été analysé rétrospectivement pour obtenir l’information antérieure et contemporaine au traitement. Un entretien, un examen clinique, une biologie sanguine et des imageries médicales (échographie pelvienne et absorptiométrie biphotonique à rayons X) ont été réalisés prospectivement. La situation psychosociale à long terme a été évaluée au moyen de deux questionnaires standardisés : Self Perception Profile for College Students et Body attitude scale. RÉSULTATS À l’âge de 27.7 ± 5.9 ans, la taille adulte était de 161.4 ± 5.7 cm. Le gain de taille par rapport à la taille adulte prévue au début du traitement était 4.8 ± 7.7 cm et la taille cible a été atteinte chez tous les sujets. L’indice de masse corporelle (IMC) adulte était 25.4 ± 5.8 kg/m². Les scores de déviation standard (SDS) d’IMC adulte corrigés pour l’âge ne montraient pas de différence significative par rapport au début du traitement ou à la population générale. Aucun syndrome métabolique n’a été observé et l’évaluation du modèle d'homéostasie de la résistance à l'insuline était 2.6 ± 1.8. De l’acanthosis nigricans a été observé chez 47% des sujets, à la limite supérieure de la norme pour la population générale. L’âge de la ménarche était 12.0 ± 1.2 ans après 1.2 ± 0.7 ans d’intervalle posttraitement. Les données de cycles menstruels et dysménorrhée ne différaient pas de celles décrites pour la population générale. Des SDS de l’hormone anti-müllerienne corrigés par rapport à l’âge < - 1DS ont été observées chez 43% des sujets. L’hyperandrogénisme clinique avait une prévalence de 57%, augmentée par rapport à la population générale. Cependant, la prévalence de SOPK de 14% était dans les normes. Les t-scores de la DMO ne montraient pas de différence par rapport á la population générale et aucun cas d’ostéoporose a été observé. Les deux questionnaires psychosociaux ont mis en évidence une diminution des sentiments de l’acceptance sociale, de l’amitié étroite et de la perception de l’hétéro-évaluation de l’image corporelle. CONCLUSION Le potentiel de taille génétique est préservé sous traitement par aGnRH chez des filles ayant présenté une PPCI. Lors de l’observation à long terme, une différence par rapport à la population générale concernant l’obésité, la fertilité, le SOPK et la DMO n’a pas été démontrée. Par contre, nos résultats suggèrent une certaine surreprésentation d’acanthosis nigricans et d’hyperandrogénisme clinique, une estimation de la réserve ovarienne diminuée, des sentiments plus élevés de solitude et une perception négative de l’image corporelle par rapport à la population générale. Afin d’affirmer ou infirmer nos hypothèses, une étude future avec une population plus large et un groupe de contrôle sain peut être réalisée.