Comment la division (morale) du travail infirmière/aide-soignante pourrait impacter la pénurie infirmière en Belgique?
Files
CARDOSOCOELHO_9878-22-00_2023-2024.pdf
Open access - Adobe PDF
- 1.12 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- La pénurie de main-d’œuvre infirmière est un problème à échelle mondiale. Les données de l’OMS (2020) le confirment. La Belgique est particulièrement affectée par le manque de cette catégorie de professionnels, qui occupe une place primordiale dans les systèmes de santé, et ce visiblement déjà depuis plusieurs décennies. Avant la crise sanitaire, 10% des infirmières considéraient quitter leur métier (KCE, 2020). Selon Grard et al. (2023), ce chiffre aurait cru de façon exponentielle en 2022. Selon l’OCDE (2019) la Belgique dispose d’un chiffre plus élevé d’infirmières aptes à exercer par habitant que la majorité des pays appartenant à cette organisation. Et pourtant, seulement 60% de ces infirmières travailleraient effectivement dans les soins de santé (Belgium.be, 2022). Une des dynamiques caractérisant les secteurs en pénurie sont les taux de turn-over plus importants que la moyenne et les sorties précoces du métier (Zune, 2014). À noter que, en moyenne, une infirmière quitterait son emploi pour un autre tous les cinq ans (Leroy et al., 2003, cités dans Drey, 2010) et que la durée moyenne de carrière d’une infirmière serait de 17 ans (D’hoore, & Stordeur, 2010, cités dans Drey, 2010). La pénurie infirmière a amené à la création d’une nouvelle catégorie professionnelle – les aides-soignantes (Hesbeen, 2017), créant ainsi une nouvelle division (morale) du travail. Une gestion strictement économique et rationnelle de la main-d’œuvre hospitalière a amené les infirmières à déléguer certaines tâches moins nobles aux aides-soignantes (Arborio, 1995), tâches issues de leur rôle propre, c’est-à-dire des tâches de « care » (Collière, 1982, cité dans Gaudry-Muller, 2015).