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Le Libre-échange, atout ou frein à la Sécurité Alimentaire au Maghreb ?

(2018)

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Après un rappel de la définition et des différentes approches de la sécurité alimentaire, la recherche examine tout d’abord les évolutions de la question agraire : dans le cadre des négociations commerciales à l’OMC (accords de Marrakech, Uruguay Round, Cycle de Doha), au prisme du Processus de Barcelone et du Partenariat Méditerranéen, avant de nous pencher sur la place de l’agriculture au sein des pays du Maghreb. Dans ces pays aux faibles dotations en ressources naturelles (eau et terres), ayant connu des évolutions sociodémographiques rapides (exode rural et urbanisation, recomposition de la famille, pressions sur le marché du travail et transition et contre-transition démographiques), deux décennies de politiques de libéralisation progressives des échanges avec l’UE ont entraîné de profondes mutations des exploitations agricoles, avec d’une part l’apparition d’une agriculture de firme capitalistique et d’autre part des reconfigurations de l’agriculture familiale. Malgré l’ambition affichée dans la déclaration de Barcelone (1995) d’établir une « zone partagée de prospérité », on constate dans les faits un « libre-échange » à sens unique (particulièrement dans le volet qualifié « exception agricole »), dans le cadre d’accords bilatéraux. Les relations commerciales sont avant tout caractérisées par une profonde asymétrie, l’UE exigeant de ses partenaires du sud de la Méditerranée un accès complet à leur marché afin de pouvoir écouler les excédents issus de la PAC tout en refusant d’ouvrir son marché intérieur aux produits pour lesquels les pays du Maghreb disposent d’un avantage comparatif (principalement dans le secteur des fruits et légumes, en concurrence avec la production des Etats Membres du Sud de l’Europe). Se pose alors la question de la pertinence des politiques commerciales et agricoles adoptées depuis les indépendances et du modèle de développement sous-jacent ayant mené à une dépendance accrue aux approvisionnements alimentaires sur les marchés extérieurs, au premier rang desquels l’Union Européenne, premier partenaire commercial de la région. La structure des échanges commerciaux des pays du Maghreb met à jour la verticalité de la relation entre les partenaires : entre 40 et 60 % des échanges sont couvert par le partenaire européen, et le commerce entre ces pays ne dépasse pas les 10%. Hormis l’Algérie qui jouit des avantages liés à la rente pétrolière, le Maroc et la Tunisie affichent une balance commerciale déficitaire, mais les trois pays ont en commun une forte dépendance alimentaire, les volumes incompressibles des importations de céréales au fil du temps en étant le symbole. Les risques posés par le changement climatique résultant du réchauffement global de l’atmosphère dans le Bassin méditerranéen (perturbation de la pluviométrie, hausse des températures, intensification des sécheresses, désertification) en cours et à venir, posent la question de la viabilité du commerce agricole comme stratégie d’adaptation à ces changements. A ce stade de la recherche, une réflexion autour du concept d’eau virtuelle (c’est-à-dire les volumes d’eau associés à la production des biens échangés sur les marchés internationaux) renseignera sur les coûts d’opportunités liés à l’allocation sectorielle de la ressource en eau, à la spécialisation agricole des pays du Maghreb dans les productions pour lesquelles ils disposent d’avantages comparatifs et in fine de la pertinence des choix politiques posés dans ce domaine et ce de part et d’autre de la Méditerranée.