L’impact de la ménopause sur la prise en charge des patientes porteuses d’un prolactinome
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- Le prolactinome est l’adénome hypophysaire le plus fréquent. Son évolution naturelle n’est pas clairement élucidée mais l’arrêt des agonistes dopaminergiques (AD) chez les femmes ménopausées est une approche suggérée dans sa prise en charge. Les études analysant l’évolution des prolactinomes après le retrait d’AD après la ménopause sont insuffisantes, et les critères selon lesquels un arrêt doit être proposé sont peu clairs. Nos objectifs ont été d’identifier l’influence de la ménopause sur l’évolution des prolactinomes traités, quels étaient les critères d’arrêt habituellement utilisés aux Cliniques Saint Luc, et quel est le risque de récidive après cet arrêt. Cette étude rétrospective a inclus 72 patientes ménopausées, diagnostiquées et traitées par AD pendant l’âge fertile et a analysé leur évolution après survenue de la ménopause. Dans un second temps, l’évolution de 45 femmes ayant interrompu le traitement par AD après la ménopause a été étudiée. Les résultats montrent (1) qu’une diminution significative de la PRL médiane (p < 0,05) était observée après le passage en ménopause, passant de 14,4 [7,8 – 28,5] à la dernière visite avant la ménopause à 7,8 [3,2 – 13,9] à 24 mois après la ménopause pour les femmes encore sous traitement par AD à ces deux périodes (p < 0,05) ; (2) de même, nous observions une diminution significative de la surface coronale du prolactinome à ces deux périodes, passant de 13,85 mm² [6,28 – 40,71] à 7,06 mm² [0,00- 21,24] (p < 0.05). (3) Les critères d’arrêt d’AD appliqués dans notre population étaient : une absence de symptômes, une PRL normale sous dose d’AD < ou = 0,5 mg/semaine en équivalents de cabergoline pendant au moins 24 mois avant l’arrêt, une surface coronale stable ou diminuée depuis le diagnostic et un suivi de minimum 3 mois après l’arrêt. Ces critères étaient rencontrés chez 56 patientes/72 (80%). (4) Après l’arrêt des AD chez 45 de ces femmes, 32 (71%) sont restées en rémission et 13 (29%) ont récidivé biologiquement après une durée médiane de 5,5 mois (valeurs extrêmes : 2-47) ; une seule parmi ces 13 a présenté une re-croissance tumorale minime. Plus de la moitié des récidives biologiques d’hyperprolactinémie survenaient endéans la première année suivant l’arrêt du traitement. Le traitement hormonal substitutif de la ménopause n’influençait pas le risque de récidive. Une analyse multivariée a montré que le seul facteur prédictif indépendant de récidive est la valeur de PRL observée 3 à 6 mois après l’arrêt d’AD (OR : 1,271 ; IC 95% [1,011 – 1,598], p = 0,040), avec une valeur seuil identifiée par courbe ROC de 18 microg/L (Sn 90%, Sp : 84%). En conclusions, la ménopause exerce un effet bénéfique sur l’évolution naturelle des micro- et macroprolactinomes. En utilisant des critères stricts d’arrêt du traitement par AD en post-ménopause, mais que l’on retrouve chez 80% de nos patientes, une rémission clinique et biologique a pu être observée chez une majorité de patientes, avec une probabilité estimée de 64% à 5 ans.