L'état de stress post-traumatique du migrant : étude qualitative sur le vécu des médecins généralistes bruxellois. Analyse et propositions d'améliorations
Files
Delatte_2022.pdf
Open access - Adobe PDF
- 7.35 MB
Details
- Supervisors
- Degree label
- Abstract
- Introduction : Les médecins généralistes belges sont de plus en plus confrontés à une population migrante ayant subi des traumatismes dans leur pays d’origine ou durant l’exil. Ces traumatismes peuvent mener à des troubles psychiques comme l’état de stress post-traumatique (ESPT). A la suite des consultations réalisées pour Médecins du Monde, je constate que les médecins généralistes bruxellois font face à des difficultés face au diagnostic et à la prise en charge de cette pathologie. Les objectifs de ce TFE sont de dégager des potentielles recommandations d’améliorations et de définir une procédure standardisée via la création d’un annuaire permettant de renvoyer les patients souffrant d’ESPT vers des organismes adaptés. Question de recherche : Quelle est l’expérience des médecins généralistes bruxellois dans la prise en charge des patients migrants en état de stress post-traumatique ? Méthode : Une étude qualitative basée sur six entretiens semi-dirigés de praticiens bruxellois a été réalisée pour explorer leurs vécus. Ces entretiens balisés par un guide ont été enregistrés et strictement retranscrits. Ils ont fait l’objet d’une analyse par catégorie conceptualisante. Résultats : Les résultats de cette étude ont mis en évidence 4 catégories illustrant les composantes d’intervention du médecin généraliste. Ces catégories sont présentées suivant l’ordre chronologique d’une consultation via la méthode SOAP (Subjectif-Objectif-AnalysePlan). Une anamnèse éveillée et bienveillante (S) associée à un examen clinique attentif (0) permet d’avoir accès aux plaintes psychiques chez un patient migrant venant pour une plainte factuelle. Ils permettent également une ouverture au dialogue sur un éventuel passé traumatique fréquent chez cette population vulnérable. Lorsque l’ESPT est diagnostiqué (A), il est nécessaire que le médecin incorpore le patient dans un réseau pluri-disciplinaire (P) en s’entourant de services de soins psychologique, juridique et social. Les difficultés mises en évidence par les praticiens dans ce type de prise en charge complexe sont la barrière linguistique, la consultation chronophage, une formation insuffisante et la présence de comorbidités associées (essentiellement les addictions). Discussion et conclusion : Au regard de la revue de la littérature, plusieurs recommandations d’améliorations ont été mises en évidence pour soutenir le généraliste. La première passe par la formation et l’information des praticiens sur les recommandations de bonne pratique de la prise en charge de l’ESPT chez l’exilé. Cette sensibilisation peut se faire via 2 canaux : la création de formations continues dans le cadre universitaire et la publication d’articles dans les revues dédiées aux praticiens. Une seconde recommandation est la simplification du parcours administratif suivant la réforme ETHEALTH 2020. Enfin, un annuaire a été créé dans le but de faire connaître aux praticiens bruxellois les structures existantes et de renforcer les maillages autour du patient migrant souffrant d’ESPT.