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Analyse exploratoire du rapport à la neutralité de l’enseignement des futurs enseignants: « Comment la neutralité des futurs enseignants s’exprime-t-elle au travers de cas réels vécus dans le cadre des stages professionnels ? »

(2021)

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« La neutralité n’est pas neutre. Cette assertion peut surprendre et elle est en tout cas faite pour interpeller, c’est-à-dire pour indiquer d’entrée de jeu que le choix de la neutralité, qui est en apparence le plus neutre de tous, est un acte hautement politique, et ce pour de multiples raisons. » (De Coorebyter, 2014, p. 19) Compte tenu de la diversification des objets susceptibles d’être étudiés dans le champ de la pédagogie niversitaire, la pertinence d’analyser des enjeux en lieu avec cette notion de neutralité se pose désormais avec une acuité accrue. Cet objet aux contours mal définis, mérite une réflexion de nature pédagogique et épistémologique. L’élargissement à une multitude de champs de l’éducation à travers le prisme de paramètres contextuels (qu’ils soient d’ordre conjoncturel, structurel ou culturel) rencontre l’actualité quotidienne. Soumis à des contingences accentuées par la crise sanitaire, l’enseignement supérieur est traversé par une forme d’instabilité pérenne. Instabilité qui induit une transformation profonde de ses contextes d’apprentissages. Ces changements suscitent des controverses et affectent la pratique professionnelle des formateurs d’enseignants tant à l’Université qu’en Haute École. La formation initiale des enseignants constitue un exemple paroxystique de ces évolutions. L’hétérogénéisation des publics et des contextes plurilingues et multiculturels est devenu une réalité sociopolitique et démographique. L’éducation et la formation dans leurs acceptions inclusives et interculturelles se doivent désormais répondre aux défis inhérents à cette complexité. Des tensions émergent entre les finalités intrinsèques de l’enseignement supérieur et la prise en compte de la diversité culturelle du public qui le fréquente. Dès lors, il nous a paru opportun de nous interroger sur une des facettes de la formation enseignante peu étudiée en Belgique francophone : les défis de la pluralité ethnoreligieuse. Cette recherche vise donc à poser un regard scientifique sur le rapport à la neutralité de l’enseignement qu’entretiennent les futurs enseignants en Belgique francophone. Cette thématique recèle par essence une maïeutique intrinsèque . Un des écueils majeurs (tant ce sujet concentre des enjeux épistémiques) lorsque le chercheur tente d’aborder ce type de thématique, est paradoxalement de ne pas l’aborder avec suffisamment de neutralité axiologique ou en n’étant pas parvenu lui-même à la nécessaire rupture épistémologique avec son objet d’étude. En effet, qu’il s’agisse de la neutralité, ou plus largement de la laïcité, l’approche de ces réalités sociopolitiques fait rapidement apparaître une multitude de pratiques régionales et d’enjeux sous-jacents. Ainsi, même si une trame commune peut être repérée, des divergences importantes existent en fonction des histoires nationales de chaque pays. Et une institution permet de saisir les points de ralliements et de distanciations au sein des sociétés occidentales dites « laïques » : l’École. Cette dernière est l’institution qui constitue un prisme par lequel on peut observer les tendances, les débats et les tensions tant philosophiques que politiques (Dubet, 2002). C’est dans un tel contexte global et complexe que nous avons choisi de mener une recherche qualitative centrée sur les futurs enseignants bruxellois. En effet, nous avons mené une analyse exploratoire à visée descriptive ayant pour objectif d’ entrevoir le positionnement que de futurs enseignants bruxellois de l’enseignement obligatoire adoptent face à des cas concrets vécus en stage. D’après le bref développement que nous venons d’établir, force est de constater que « dans le contexte d’insécurité et de changement qui prévaut dans nos sociétés, la liste des missions supposées de l’école ne cesse de s’allonger : enseigner correctement les savoirs fondamentaux, fournir une formation professionnelle adéquate, transmettre une culture, former des citoyens et des citoyennes, éduquer au goût, au respect, à l’environnement, au vivre-ensemble… » (Hatchuel, 2010, p. 105). Enfin, face à ces attentes variées, le futur enseignant est amené à élaborer une forme de cohérence qui, comme le souligne Perrenoud (2012, p. 197), est influencée par « son histoire, son épistémologie, ses valeurs, son projet, son rapport au savoir, à la raison, au désordre et à bien d’autres choses encore. » Dans le contexte succinctement présenté ici, et plus largement développé par la suite, nous avons élaboré le questionnement de recherche suivant : comment la neutralité des futurs enseignants bruxellois de l’enseignement obligatoire s’exprime-t-elle au travers de cas réels vécus en stage ? Cette interrogation est dépendante de la démarche que nous avons prise : celle-ci vise à tenter d’approcher du « dynamisme mis en œuvre dans les systèmes réels » étant donné qu’au sein de ces derniers, les acteurs sociaux s’emploient à mobiliser leur appareil conceptuel qui « permet d’exprimer des aspirations opposées et d’affirmer des légitimités contradictoires » (Balandier, 2013, p. 230). Cette recherche s’appuie donc sur une démarche de type ethnographique, et plus précisément, sur des productions écrites rédigées par les étudiants d’une Haute École (HE) bruxelloise. De la sorte, nous avons placé les sujets de l’enquête en tant qu’acteurs sociaux reliés à leur société d’appartenance, la Belgique francophone. Pour répondre à cette question de recherche, nous procédons par étapes de problématisation successives. Pour commencer, nous y répondons théoriquement par un état de l’art sous forme d’analyse comparative de la neutralité de l'enseignement envisagé sous l'angle sociopolitique ( rapport Etats-religions) . Nous dressons ensuite, un panorama sociohistorique de la formation initiale des enseignants. Ces deux volets distincts mais complémentaire sont analysés d’un point de vue structurel, mais aussi dans leur composante réflexive et pratique Nous poursuivons l’édification du cadre conceptuel par le recours : en premier, de la distinction entre science et croyance (source de confusion épistémologique) ; en second, du modèle de Kelly (1986) adapté à l’enseignement en Belgique francophone. Vient ensuite le moment de reprendre de façon cohérente les éléments retenus pour constituer la méthodologie mise en place. Nous terminons avec la présentation détaillée des résultats obtenus que nous discutons de manière critique dans la foulée, avant de nous autoriser un appendice spécifiquement dédié à la posture que nous avons endossé dans le cadre de cette recherche.