Etude des déterminants cliniques et génétiques de la modification de composition corporelle dans une large cohorte de patients incidents en dialyse péritonéale et de son influence sur le risque cardiovasculaire.
Files
Keddar_Mehdi_10561100_2018.pdf
UCLouvain restricted access - Adobe PDF
- 1.9 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Objectifs. La dialyse péritonéale (DP) est un traitement chronique de suppléance rénale aujourd’hui utilisée par plus de 200.000 patients souffrant d’insuffisance rénale chronique terminale à travers le monde. Le principe de la DP repose sur l’utilisation du péritoine comme membrane de dialyse afin d’éliminer les déchets du métabolisme par diffusion simple et l’excès de liquides qui s’accumulent dans l’organisme des patients insuffisants rénaux par ultrafiltration à l’aide d’un gradient osmotique. Ce gradient est obtenu grâce au glucose qui est une molécule de petite taille et de faible poids moléculaire (180 Da) et qui est progressivement absorbée du dialysat vers le sang du patient, représentant un apport en glucose de 20 à 50 kg par an (80 000 à 200 000 kcal/an). Des études ont montré que cette surcharge calorique se traduit par une prise de poids, une augmentation de la l’indice de masse corporelle, et de la graisse abdominale viscérale au cours des premiers mois de DP. Dans la population générale, ces modifications de composition corporelle conduisent au syndrome métabolique (diabète, dyslipidémie, insulino-résistance) et accroissent le risque cardiovasculaire. Dans une large cohorte de 101 patients consécutifs en DP, notre étude a visé à : 1) tester l’hypothèse que la composition corporelle et ses modifications en cours de traitement influencent le risque cardiovasculaire chez les patients en dialyse péritonéale ; 2) étudier les déterminants - cliniques et génétiques – de la composition corporelle en dialyse péritonéale ; et 3) évaluer de manière longitudinale les modifications de composition corporelle au cours de la DP. Méthodes. Des données cliniques ont été recueillies au baseline et de manière annuelle. La composition corporelle a été évaluée par tomodensitométrie computérisée et utilisation du logiciel Slice-O-Matic au baseline ainsi que de manière annuelle. Des analyses statistiques ont également été effectuées. Les ADN d’un sous-groupe de patients (69/101) ont été collectés afin d’étudier l’influence d’un variant du gène AQP7, impliqué dans la distribution et le métabolisme du tissu adipeux, sur les modifications de composition corporelle lors du traitement par dialyse. Résultats. 58 évènements cardiovasculaires ont été observés pour 34 patients. Dans un modèle de régression multivariée, une densité musculaire plus faible s’est révélée être le seul facteur associé, de manière indépendante, à la survenue d’évènements cardiovasculaires. Cette densité musculaire est influencée par l’âge, le sexe féminin, la graisse viscérale abdominale et une fonction rénale résiduelle moindre. Nous n’avons pas observé d’augmentation significative de la graisse abdominale viscérale. La présence du variant GG du gène de l’AQP7 chez les patients en DP a été associée à une augmentation significative de la surface de graisse viscérale après 2 ans de traitement sans impact sur la densité musculaire. Conclusions. Cette étude met en évidence, pour la première fois, une association forte et indépendante entre une faible densité musculaire et le risque d’évènements cardiovasculaires chez des patients incidents en dialyse péritonéale.