Etude des facteurs de risque des complications du traitement chirurgical des fractures de cheville
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- Résumé : Objectifs Les fractures de cheville sont une des pathologies les plus fréquemment opérées par les chirurgiens orthopédistes. Une hausse de l’incidence de ces fractures est attendue dans les prochaines années. Le but de ce mémoire de recherche clinique est donc d’évaluer le pourcentage de complications retrouvé au sein de cette cohorte afin de mettre en évidence les différents facteurs de risque des complications du traitement chirurgical des fractures de chevilles par ORIF (réduction à foyer ouvert et ostéosynthèse interne). Matériel et méthodes Cette étude rétrospective est composée d’une cohorte de 433 patients. Ils ont tous été traités chirurgicalement pour une fracture de cheville au sein des cliniques universitaires Saint Luc (CUSL), Bruxelles, sur une période s’étendant de janvier 2012 à décembre 2017. Une analyse descriptive a été utilisée pour détailler les différentes complications précoces/tardives. Ensuite, une analyse multi-variée a été réalisée pour mettre en évidence les facteurs de risque significatifs de complications post ORIF. Résultats La cohorte comporte 187 hommes (43%) et 246 femmes (57%). L’âge moyen est de 51 (+- 18) ans. Parmi ces patients 29% ont plus de 65 ans, 59% sont en surpoids ou obèse et 7% sont diabétiques. Le tabagisme actif représente 22% et l’abus d’alcool est retrouvé dans 14% des patients de la cohorte. Il y a 4,6% des patients qui ont présenté une fracture ouverte et 60,8% des patients ont eu une fracture sévère (bi-malléolaire, tri-malléolaire, Maisonneuve vs Uni-malléolaire). Les variables influençant le risque de développer une fracture sévère sont : l’âge > 65 ans, le BMI > 25 kg, le score ASA 2/3. 28% des patients ont développé une ou plusieurs complications. On retrouve 11% des complications précoces et 17% de complications tardives. Les complications précoces les plus fréquemment retrouvées sont les complications cutanées (10% des complications) et les complications infectieuses (6%). Les déhiscences cutanées représentent 2/3 des complications infectieuses. Parmi les complications tardives les plus fréquentes, on retrouve les douleurs chroniques (7%) et les cals vicieux (7%). Plusieurs facteurs de risque de complications ont été mis en évidence dans la cohorte. Présenter une fracture sévère augmente le risque de complications cutanées et de cals vicieux. En effet, les fractures bi-malléolaires et tri-malléolaires ont 2 fois plus de risque de cals vicieux. Les fractures ouvertes ont respectivement 6 à 9 fois plus de risque de cals vicieux et de pseudarthrose. Le style de vie semble lui aussi influencer les complications surtout en terme d’abus d’alcool : lorsqu’il est associé à un surpoids, il double le risque de complications cutanées et infectieuses et seul il double le risque de pseudarthrose. Le sexe féminin et les opérations de nuit augmentent le risque de douleurs chroniques. Le délai d’attente avant la chirurgie définitive n’influence pas la survenue de complications. Étonnement quand on compare avec la littérature, le tabagisme actif et le diabète ne semble pas être des facteurs de risque. Conclusion Les taux de complications post ORIF au sein des cliniques universitaires Saint-Luc sont dans les mêmes marges que ceux retrouvés dans la littérature. Les fractures sévères, les fractures sévères et ouvertes, l’abus d’alcool, le BMI > 25kg, le sexe féminin et les opérations de nuit sont des facteurs influençant significativement le risque de présenter des complications.