En quoi la connaissance de l’Union européenne des citoyens joue-t-elle un rôle dans son soutien ?
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- La connaissance de l’UE des citoyens est une problématique qui génère de nombreux débats, spéculations et discussions dans la sphère académique et politique. L’objectif de ce mémoire est de percevoir si une relation entre cette connaissance de l’UE et les attitudes de soutien à l’UE existe en appliquant une méthode mixte (quantitative et qualitative) et avec comme cas d’étude la Belgique. Ce travail se base sur la question de recherche suivante : « En quoi la connaissance de l’Union européenne des citoyens joue-t-elle un rôle dans son soutien ? ». Pour y répondre, la première étape a été de passer en revue la littérature académique existante sur le sujet. Le soutien à l’UE est généralement étudié selon trois approches. La première est l’approche utilitariste qui correspond à une évaluation de l’UE selon ses coûts et ses avantages. Ensuite, l’approche identitaire détermine l’adéquation du projet européen avec les identités nationales. Enfin, l’approche du cue-taking désigne le rôle des intermédiaires dans le jugement des citoyens à propos de l’UE. Par la suite, nous démontrons l’évolution de l’étude du soutien à l’UE dans la recherche académique. Après avoir étudié le courant soutenant une polarisation de l’opinion publique européenne allant d’un consensus permissif à un dissenssus contraignant, découlant d’un déficit démocratique et d’une crise de légitimité et en passant par l’apparition d’un euroscepticisme, nous mettons en exergue le tournant méthodologique des études européennes. Celui-ci préfigure un soutien à l’UE multidimensionnel avec des attitudes plus amplement étudiées qu’auparavant : l’ambivalence, l’indifférence et l’indécision. Ensuite, nous abordons une revue de la littérature sur la connaissance politique. Après avoir revu les diverses définitions de la connaissance politique d’auteurs avec une attention particulière sur la notion de sophistication politique qui élargit la notion, nous étudions les principaux facteurs de (mé)connaissance politique. Comme facteurs individuels, tous interdépendants, nous invoquons le niveau d’éducation, le statut socio-économique et le niveau de compétence. Comme facteurs externes, nous citons la complexité de l’UE et les points de repère cognitifs. Pour terminer le cadre théorique, nous développons quatre hypothèses du lien entre la connaissance de l’UE et le soutien à celle-ci, à partir de travaux académiques antérieurs. La première est en deux phases. Un versant atteste d’un lien entre une plus grande connaissance de l’UE et un soutien à l’UE. Un autre prévoit a contrario un lien entre une connaissance de l’UE moindre et une opposition à l’UE. La deuxième hypothèse présuppose un lien entre une plus grande connaissance de l’UE et une attitude d’opposition. La troisième soutient un lien entre une plus grande connaissance et une ambivalence. Enfin, la quatrième et dernière hypothèse stipule un lien entre une connaissance de l’UE moindre et une indifférence. Pour tester ces hypothèses, nous réalisons un volet quantitatif qui mobilise l’analyse de données de l’Eurobaromètre et un volet qualitatif qui reprend l’étude de retranscriptions de deux focus groups. Pour la partie quantitative, nous démontrons qu’avec l’indicateur de la satisfaction de la démocratie dans l’UE, nous arrivons aux résultats suivants : plus les citoyens disposent de connaissance de l’UE, plus ils développent une attitude de soutien envers l’UE et moins les citoyens disposent de connaissance de l’UE, plus ils développent une attitude d’opposition envers l’UE aussi bien au niveau de la connaissance subjective qu’objective. Avec l’indicateur de représentation personnelle de l’UE, nous arrivons aux résultats suivants : pour le soutien et l’opposition, nous obtenons plus ou moins le même résultat qu’avec l’indicateur de la satisfaction avec néanmoins une stabilisation de l’opposition tous niveaux de connaissance subjective confondus. Quant à l’ambivalence, elle a tendance à augmenter plus le niveau de connaissance subjective baisse alors qu’elle reste élevée et stable tous niveaux de connaissance objective confondus. En ce qui concerne l’indifférence, bien qu’elle soit située exclusivement chez les personnes qui ont très peu de connaissance subjective et objective, le très faible échantillon de notre cas ne nous permet pas de distinguer une relation fiable avec la connaissance de l’UE. Nous confirmons donc les deux phases de la première hypothèse, informons la seconde et la troisième hypothèse et laissons en suspens la quatrième. Pour la partie qualitative, nous démontrons comme lien entre la connaissance de l’UE et son soutien que la connaissance joue un rôle d’éclairage et de vecteur de conscience de choix. Mis à part cette observation, le volet qualitatif nous a permis de remettre en question le caractère exclusif des attitudes de soutien à l’UE. Dans notre étude d’un focus group, nous avons pu déceler la combinaison d’une ambivalence avec un soutien, un soutien avec une indifférence ainsi qu’un soutien avec une incertitude. Les attitudes de soutien sont donc non-distinctes et cumulatives. En conclusion, pour répondre explicitement à la question de recherche, nous avons démontré que la connaissance de l’UE joue réellement un rôle dans le soutien à l’UE dans les attitudes des citoyens, comme nous l’avons vu avec nos indices « macro » au niveau quantitatif pour répondre à nos hypothèses, et avec une fonction de conscience de choix dans le chef des individus, comme nous l’avons exposé au niveau qualitatif.