Une analyse sociologique des politiques d’isolation des logements. Critique des mécanismes informationnels et incitatifs et propositions alternatives.
Files
Malay_52810800_2020.pdf
Open access - Adobe PDF
- 525.74 KB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- La stratégie de long terme de rénovation du bâti de la Région wallonne vise une réduction des émissions d’énergie du secteur résidentiel de -68% à l’horizon 2050. Ce travail étudie l’impact des principaux dispositifs existants visant à susciter les pratiques d’isolation des logements et les confronter à cet objectif. Il utilise pour grille de lecture les théories des pratiques sociales, un courant théorique fréquemment mobilisé en sociologique de la consommation. D’abord, les politiques informationnelles comme l’audit énergétique ou la certification de performance énergétique sont analysées. L’analyse révèle que celles-ci semblent buter contre le fait que les habitant·es ont bien souvent déjà un projet pour leur logement et ignorent les informations qui s’en démarquent. Ensuite, les mécanismes d’incitation financière, tels que les primes à l’isolation, sont étudiés. Il s’avère que, dans le cas wallon et dans d’autres cas, les primes à l’isolation peinent à toucher les classes populaires, alors que ce sont précisément elles qui occupent les bâtiments les moins bien isolés et qui devraient être rénovés prioritairement. En raison de leurs limitations, les politiques informationnelles et incitatives semblent peu susceptibles de mener à une réduction d’émission d’énergie de -68% dans un délai raisonnable. Dès lors, une proposition originale de politique publique est formulée, qui consiste à rendre obligatoire l’isolation de l’ensemble des logements dans un court terme, et à faire payer les travaux par l’État fédéral et la Région via un mécanisme de tiers payant. Cette proposition est ensuite analysée sous l’angle des théories des pratiques.