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Ubérisation : Aliénation du travailleur et menace pour l’emploi

(2018)

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L'ubérisation est un phénomène qui bouleverse de nombreux aspects du travail et reconfigure l'emploi tel que nous avons l'habitude de l'appréhender. Nous proposons à travers nos deux Papers d'aborder certains de ces changements à travers deux champs disciplinaires distincts, sciences de gestion et politique de l'emploi, tout en intégrant tant des données empiriques issues d'entretiens, que théoriques, issues de la littérature existante traitant ce sujet. Notre focalisation se place en outre sur la start-up qui donna son nom à l'ubérisation : Uber. Dans notre premier Paper, nous abordons cette start-up en lien avec le concept d'aliénation. Effectivement, partant de la définition que donne Karl Marx de celle-ci, nous analysons plusieurs formes d'aliénations (l'approche sociale, culturelle ou encore psychopathologique) afin de démontrer que les chauffeurs qui travaillent pour Uber présentent de multiples caractéristiques liées à différentes formes d'aliénation. Ainsi, les chauffeurs d'Uber, présentés comme indépendants, sont en réalité instrumentalisés par la start-up afin d'augmenter le profit de celle-ci, ils sont placés dans un état d'isolement qui les fragilise, ils sont forcés de respecter des normes de qualité qui les mène à dissimuler les imperfections afin de conserver leur travail et ils sont soumis à de nombreuses formes de contrôle. Ces différentes formes d'aliénations se doublent d'une fragilisation du statut des chauffeurs qui ont un statut d'indépendant mais ont un rapport d'employé à un employeur avec Uber. Dans notre Paper 2, nous mettons en lien l'ubérisation dans son cadre plus large impliquant la digitalisation, l'économie digitale ou encore l'économie de plateforme et abordons cette fragilisation de l'emploi impliquée par l'ubérisation tant au niveau de la flexibilité, de la précarisation du travailleur au niveau des avantages sociaux, du fossé qu'elle crée entre riches et pauvres ou encore précisément de l'environnement de contrôle instauré à l'aide du progrès technologique. L'ubérisation étant caractérisée notamment par son développement rapide et disruptif, nous abordons aussi les difficultés ressenties par le pouvoir étatique et les organisations syndicales à s'adapter et, surtout, à adapter la législation du travail à ce phénomène. Notre articulation des deux Papers vise à effectuer une synthèse des éléments abordés tout en évoquant des pistes de solutions aux différentes conséquences néfastes de l'ubérisation. Nous plaidons dans ce contexte pour le développement d'un humanisme digital, qui se centrerait avant tout sur l'humain dans un monde de plus en plus marqué par les technologies qui, dans leur utilisation, peuvent placer celui-ci en retrait.