Sorcières du XXIe siècle – Expérience vécue de l’oppression et perspectives émancipatrices Enquête sur un collectif féministe bruxellois
Files
DHOUIEB_04692100_2022.pdf
Closed access - Adobe PDF
- 1.18 MB
Dhouieb_04692100_2022_Annexe1.pdf
Closed access - Adobe PDF
- 2.95 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Résumé (FR) : Ce mémoire porte sur les colleureuses du Collectif Collages Féministes de Bruxelles, un collectif féministe intersectionnel. Iels détournent les pratiques du militantisme féministe en pratiquant des collage de slogans féministes sur les murs de la ville. La pratique du collage féministe, de plus en plus répandue à travers le monde, implique la déconstruction des normes sociales, des stéréotypes de genre et de toutes les relations de dominations sexuée, en les transgressant. Ces dernières sont caractérisées par un modèle sexué des sphères séparées (masculin-public/féminin-privé). Les femmes qui ne respecteraient pas ces injonctions sociales et se refuseraient à s’assujettir au système patriarcal subiraient une campagne de persécution et d’oppression, de la même façon que les sorcières auparavant. La figure de la sorcière représentée par une image héritée d’une histoire violente a connu une transformation à travers la lutte féministe, à partir des années 1960. La sorcière serait alors devenue un archétype qui permet d’illustrer des positions féministes politiques, ainsi elle symbolise la révolte féminine portée par des collectifs militants, notamment le collectif Collages Féministes de Bruxelles. Ce mémoire a pour objectif d’étudier les moyens et pratiques mis en place par les colleureuses du collectif de collage bruxellois, pour transformer l’expérience de l’oppression en expérience émancipatrice. Plus précisément, nous explorons trois questions : comment les colleureuses mettent-iels au jour les conditions socio-politiques qui structurent leurs expériences ; comment l’expérience individuelle de l’oppression résonne-t-elle au sein du groupe pour devenir une expérience collective ; et quelle dimension de transformation de soi peut être générée par leurs pratiques. Nous commençons avec une partie théorique donne un aperçu de la domination sexuée et de la figure de la sorcière telles qu’elles sont conçues dans le féminisme militant. Dans une deuxième partie, nous présentons la méthodologie et la grille de lecture adoptées dans notre recherche. Dans la partie analytique, nous soumettons les données de notre recherche sur le fonctionnement, les pratiques et les modalités de mobilisation du collectif. Nous concluons notre travail par une évaluation du potentiel émancipateur de la prise de parole du collectif. Summary (EN) : This research investigates the billposters (‘colleureuses’) of the Collectif Collages Féministes de Bruxelles, an intersectional feminist collective in Brussels. This collective makes use of the practices of feminist activism by making collages of feminist slogans on the walls of the city. This practice of feminist collage, which is increasingly widespread throughout the world, involves the deconstruction of social norms, gender stereotypes and relations of sexual dominance by transgressing them. These latter relations are characterized by a gendered model of separate spheres (masculine-public/feminine-private). Women today who do not respect this social precept and refuse to submit to the patriarchal system would suffer a campaign of persecution and oppression, in the same way witches did in earlier centuries. The figure of the witch which was inherited from a violent history has undergone a transformation through the feminist struggle starting in the 1960s. The witch from that time on became an archetype for a political feminist position, thus symbolizing the feminine revolt carried by militant collectives, in this case the collective Collages Féministes de Bruxelles. This dissertation aims to study the means and practices the billposters of the Brussels collage collective put in place to transform an experience of oppression into an emancipatory experience. More precisely, we will explore three questions: how do the colleureuses uncover the socio-political conditions that structure their experiences? ; how does the individual experience of oppression resonate within the group to become a collective experience? ; and what form of self-transformation is generated by these practices? We begin with a theoretical section providing an overview of gendered domination and of the figure of the witch as they are conceived in militant feminism. In a second part, we present the methodology and the reading grid adopted in our research. In a third analytical part, we present the data of our research on the functioning of the collective, its practices and modalities of mobilization. We conclude our work by evaluating the emancipatory potential of the actions of the Brussels’ collective.