Témoigner du « parcours de la mort » : analyse de récits de vie de cinq réfugiés syriens sur leur traversée vers la Belgique
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- Dans le cadre de notre mémoire de master en psychologie, nous nous sommes intéressée au vécu de réfugiés syriens, demandeurs d’asile en Belgique. Nous sommes partie à leur rencontre, et avons réalisé une recherche exploratoire sans hypothèse préalablement définie. Nous nous sommes intéressée à leur parcours de migration entre la Syrie et la Belgique. Cinq réfugiés syriens ont accepté de faire un récit, poignant, d’une partie de leur vie, de ce qui les a amenés à tout quitter et prendre des risques pour arriver dans un pays inconnu. En faisant ces récits, ils ont fait de nous des témoins de leur histoire. De ces rencontres et des différentes lectures est née une question à savoir : « Quels sont les processus mobilisés dans l’acte de témoigner, à un tiers, le « parcours de la mort » ? » ; avec comme sous question : « Que représente l’expérience de mort pour les réfugiés syriens et quelles sont leurs stratégies de survie ? ». Pour tenter de répondre à cette question, nous nous sommes centrée, non sur le contenu des récits, mais sur « l’acte du témoignage », sur ce qui se joue lorsque les réfugiés syriens, sujets de cette recherche, font un récit de leur vie, d’une partie de cette vie, ce qu’ils ont appelé : « le parcours de la mort ». Ce mémoire s’est appuyé sur des auteurs abordant des questions similaires aux nôtres tels que Waintrater avec la Shoah, Altouniane suite au génocide d’Arménie, Brackelaire, Cornejo et Kinable au Chili et Godard au Rwanda. Ces différents travaux ont alimenté notre recherche exploratoire et amené des pistes de réflexion. Le témoignage a permis aux réfugiés syriens de (re)construire une partie de leur histoire chaotique, par une prise de parole, libératrice, donnant un sens à leur vécu. Ils tentent, en racontant, de dénoncer ce qu’ils ont vécu, en espérant que plus jamais ça ne se produise. Ces victimes de guerre nous livrent leur récit de migration en orientant leur parole dans les fils qui tissent leur vie, la famille et la foi, principalement. Ces soutiens et piliers ont été des garants de leur survie psychique ainsi que physique. Enfin, nous ne pouvons pas faire l’impasse sur les émotions que nous avons pu ressentir à l’écoute des témoignages. Ils nous ont transformée, nous ne sommes plus pareille, de même que les différents lecteurs de ce mémoire.