Etude quantitative visant à évaluer les connaissances théoriques (volets légal, procédural et administratif) et pratiques (volets gestes techniques et pharmacologie) des médecins généralistes/assistant(e)s (UCL) concernant l’euthanasie actuelle de personnes majeures ne présentant pas de pathologie psychiatrique en Belgique francophone : Evaluation objective et subjective de ces connaissances à l'aide d'un questionnaire formatif ; Analyse de l'impact formatif de ce questionnaire avec construction en parallèle d'une fiche outils synthétique ; Etude transversale, descriptive et inférentielle
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- Contexte : Les soins de fin de vie restent des pratiques complexes et peu connus de par leur faible fréquence par rapport aux soins annexes. L’euthanasie est celui qui fait encore le plus défaut. En effet, une méconnaissance globale de cet acte a été mentionnée dans la littérature, alors que la loi a dépénalisé ce geste depuis plus de 20 ans. Aucun guideline officiel et reconnu de manière fédérale n’a encore été publié en Belgique. Sur le terrain, mon expérience personnelle, ainsi que celle de mes confrères, ont confirmé cette observation. La prévalence de l’acte d’euthanasie croît d’année en année, comme le mentionnent les rapports de la Commission Fédérale de Contrôle et d’Evaluation de l’Euthanasie. Un rôle primordial est attribué au médecin généraliste qui le souhaite ; de bouche à oreille, certains d’entre-eux se retrouvent même surchargés de demandes de confrères. Au vu de l’absence d’étude quantitative évaluant les connaissances des médecins généralistes/assistants dans la littérature ; cette voie a dès lors été choisie. L’euthanasie étant un acte si vaste, le choix de cibler cette étude sur les patients majeurs non psychiatriques demandant une euthanasie actuelle a été préconisé. Méthode : Cette étude quantitative a permis d’évaluer de manière objective et subjective les connaissances théoriques et pratiques des médecins généralistes de Belgique francophone et assistants (UCL), afin d’en tirer les aspects les moins connus. L’outil utilisé était un questionnaire avec feedback immédiat créant ainsi l’équivalent d’une formation en ligne. Une fiche outils condensant l’ensemble des réponses feedback du questionnaire a été créée. Cette fiche servira de support pratique pour tout médecin se posant des questions relatives à l’euthanasie actuelle des patients majeurs non psychiatriques. Résultats : Mon échantillon s’est constitué de 136 répondants (66 assistants et 70 médecins généralistes). L’aspect pharmaco-technique est celui faisant le plus défaut en termes de connaissances théoriques et l’aspect administratif, est quant à lui, celui le plus connu de mon échantillon. Le score moyen obtenu est de 58.93% (les assistants ayant un score global supérieur). L’ensemble de mon échantillon a tendance à respecter les exigences procédurales. La formation en soins palliatifs/EOL/médecin coordinateur et la fréquence d’interpellation ont un impact positif sur les connaissances. Toutefois, l’élément ayant le plus d’impact reste le nombre d’euthanasies pratiquées. Mon questionnaire formatif a eu l’impact escompté. L’échantillon est également réceptif à la création d’une fiche outils. Conclusion : Les résultats ont confirmé ce qui ressort de la littérature et de l’expérience des médecins sur le terrain. De nouvelles informations ont également pu en découler, à savoir que les connaissances étaient globalement variables et qu’au sein de mon échantillon, une certaine inexpérience dans l’aspect pharmaco-technique était présente. Il est donc primordial de sensibiliser au mieux à cette pratique les médecins généralistes et également ceux en formation. La sensibilisation et l’information restent deux piliers fondamentaux de l’amélioration des connaissances. De plus, il est également primordial de favoriser la formation pratique en accentuant l’aspect pharmacologique-technique. Afin d’éviter que ce clivage de connaissances ne s’accentue, une initiative s’apprête à voir le jour à la SSMG ; il s’agit de la cellule euthanasie, probable premier maillon de la chaîne d’une vague de sensibilisation et d’information plus conséquente.