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Réponse du douglas au climat en Wallonie via une approche dendrochronologique

(2022)

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L’avenir du douglas est incertain en Wallonie en raison des effets des changements climatiques. Si les peuplements adultes semblent résister, les plantations souffrent des sécheresses et se font attaquer par différents ravageurs. Plus globalement, en Europe, sa capacité à avoir une bonne résistance aux sécheresses est remise en question depuis quelques années. Jusqu’à aujourd’hui, aucune recherche ne s’est penchée uniquement sur le douglas en Wallonie alors qu’il s’agit de la deuxième essence résineuse la plus représentée dans cette région. L’objectif de cette étude est donc d’étudier la réponse de cette essence au climat afin d’évaluer son potentiel d’avenir en Wallonie. L’impact propre des sécheresses ainsi que l’effet de la densité des peuplements sur cette réponse y sont également abordés. Pour ce faire, une approche dendrochronologique a été utilisée. Celle-ci permet d’étudier l’impact du climat et de l’environnement sur la croissance des arbres via l’analyse des largeurs de cerne. Les résultats montrent que la croissance du douglas est principalement impactée durant les mois de février et d’octobre, sans doute liée à l’allongement de la saison de végétation dû au réchauffement global. D’un côté, le douglas est favorisé par les hivers doux et humides, ce qui est bon signe avec le contexte actuel. De l’autre, son aoûtement et sa sénescence sont menacés par la hausse des températures maximales automnales. Les aiguilles se retrouvent ainsi vulnérables aux gelées précoces. Toutefois, l’augmentation associée des températures minimales contrebalance ce risque. En outre, en cas de hausse des températures, la respiration est favorisée au détriment de la productivité primaire nette. Concernant les sécheresses, le douglas est plus résistant aux déficits hydriques que d’autres résineux grâce à sa régulation stomatique qui lui permet de garder ses stomates ouverts plus longtemps. Il faut vraiment une sécheresse extrême pour que sa croissance soit réduite. Quant à la densité des peuplements, les différences étant trop minimes ou inexistantes, son effet sur la croissance n’a pas été clairement démontré. Le douglas a donc encore sa place en Wallonie en raison de ses nombreux avantages et de sa faible sensibilité climatique. L’abandonner est risqué car les candidats indigènes à sa succession sont peu nombreux, voire inexistants. Deux solutions sont par conséquent possibles : continuer de planter du douglas mais le faire correctement (adéquation stationnelle, microclimat local compatible, pas d’obstacle au développement racinaire) pour augmenter ses chances de survie ou importer des essences exotiques mais sans certitude de leur acclimatation.